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SNCF : la direction propose à ses cheminots une prime de pouvoir d'achat qui pourrait atteindre 600 euros

latribune.fr

Publié le 18 novembre 2021 à 10:06 - Mis à jour le 18 novembre 2021 à 12:05

La sncf prevoit de supprimer 2.000 a 3.000 postes

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Dans le cadre d'un cycle de négociations sur les conditions salariales des cheminots, la direction de la SNCF propose aux syndicats plusieurs scénarios pour fixer le montant des primes pour l'exercice 2021 et d'autres mesures pour 2022. Les organisations représentatives dénoncent une dégradation des conditions de travail, alors que le groupe ferroviaire est encore dans le rouge, avec des pertes de 3 milliards d'euros en 2020 et 780 millions au premier semestre de l'exercice 2021.

Grande négociation à la SNCF. L'entreprise publique a lancé une consultation avec les syndicats pour plancher sur l'amélioration des conditions salariales des cheminots. Les travailleurs de la compagnie ferroviaire dénoncent depuis de nombreux mois leurs conditions d'exercice ainsi que le niveau de leur rémunération. Ces discussions se déroulent alors que le service régional était perturbé ce mercredi, suite à l'appel à la grève de SUD-Rail et CGT-Cheminots, premier syndicat de la SNCF, et qu'un rassemblement de l'intersyndicale s'était massé devant le siège des négociations. Fin octobre, ce sont les conducteurs de la liaison transatlantique qui contestaient les conditions de travail.

Niveau financier, la SNCF est toujours dans le rouge. Après avoir perdu plus de 3 milliards d'euros en 2020 du fait des restrictions sanitaires, l'entreprise affiche une perte de 780 millions d'euros au premier semestre de l'année après avoir subi l'impact du troisième confinement au printemps.

Des primes dont le montant variera en fonction des signataires

La proposition de la SNCF, qui attend une réponse des syndicats d'ici le 10 décembre, comporte plusieurs scénarios. Elle propose notamment aux représentants des salariés une "prime de pouvoir d'achat" versée en décembre, ainsi que des mesures qui entreraient en vigueur en 2022 ou au-delà, selon des informations de l'AFP.

Le montant de la "prime de pouvoir d'achat" proposée dépendra de la signature ou non d'un accord global sur les rémunérations "jusqu'au 10 décembre" par des syndicats pesant au moins 50% de représentativité syndicale, ont précisé des syndicats et la direction. En cas d'"une signature à 50%", cette prime atteindra 600 euros pour les salaires jusqu'à 1,5 Smic ou 300 euros pour ceux jusqu'à 3 Smic, tandis qu'"en l'absence de signature", la prime descendra à 500 euros pour les salaires jusqu'à 1,5 Smic ou 250 euros pour ceux jusqu'à 2,5 Smic, d'après ces sources.

La direction a aussi conditionné d'autres propositions à la signature de l'accord, comme une majoration annuelle de la "prime de travail" destinée à "tous les salariés", qui augmentera de 220 euros brut par an avec signature, contre 200 euros sans signature, ou encore une "revalorisation des bas salaires" dont bénéficieront 61.000 salariés en cas de signature, contre 30.000 sans signature, selon un tableau des "mesures salariales" proposées, que l'AFP a consulté. Concernant l'évolution des carrières, le direction "a proposé de rajouter une possibilité de progression en fin de carrière", a-t-elle signalé.

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Des réactions syndicales mitigées

À l'Unsa ferroviaire, les propositions de la direction sont jugées "encourageantes". "Le groupe a fait des efforts, il a entendu la colère des salariés", a déclaré à l'AFP Florent Monteilhet, secrétaire général adjoint du deuxième syndicat représentatif de la SNCF, qui va "consulter ses structures" pour décider s'il signe ou pas l'accord.

SUD-Rail estime au contraire que "le compte n'y est pas" et que la direction n'a "pas entendu cette colère" des cheminots. Pour 2021, il n'y a "rien sur les salaires" et "pour 2022, des mesures spécifiques qui ne rattraperont rien", fustige dans un tract le troisième syndicat du groupe, dont les adhérents "décideront des suites à donner à ces annonces".

Pour le secrétaire général de la CFDT-Cheminots, Thomas Cavel, "la contestation a porté ses fruits. C'est un acte 1". Avant d'interroger ses structures et se prononcer, son syndicat attendra des négociations sur les rémunérations prévues ce mois-ci dans l'entreprise, puis dans la branche ferroviaire: "On verra quand on aura l'ensemble", a-t-il dit.

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En 2017 et 2018, l'intersyndicale demandait notamment une hausse significative des salaires suite aux bons résultats du groupe ferroviaire. Sur l'exercice 2017, son résultat net était de 679 millions d'euros, et de 141 millions d'euros en 2018. Bien loin du bilan financier dans le rouge écarlate depuis la crise du Covid-19, qui a vu le résultat net plongé à -3 milliards d'euros en 2020.

(avec AFP)

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