Taxe sur les petits colis : l’inquiétude des professionnels de la logistique
Raphaël Melka

Le secteur de la logistique pourrait souffrir de la taxe à 2 euros sur les petits colis.
Tingshu Wang
Raphaël Melka

Le secteur de la logistique pourrait souffrir de la taxe à 2 euros sur les petits colis.
Tingshu Wang
Deux euros par petit colis. C'est la taxe annoncée mardi 16 juillet par le Premier ministre François Bayrou sur les importations de petits colis (d'une valeur de moins de 150 euros) dans le cadre des orientations du budget 2026. Ses objectifs ? Répondre à la « marée de concurrence déloyale » venue d'Asie, remplir les caisses de l'État et « protéger nos commerces et nos producteurs ». Cette idée avait déjà été lancée dans le débat public début mai, mais elle semble devenir réalité. Non sans agacer les professionnels de la logistique.
L'Union des entreprises de transport et de logistique de France (TLF), qui fédère les entreprises du secteur, y voit une fausse bonne idée : « La taxe petits colis ne résoudra aucune distorsion de concurrence si elle n'est pas conçue à l'échelle européenne. Au contraire, elle l'aggravera ! Elle doit faire l'objet d'une concertation avec les acteurs économiques, pour éviter des effets de bord contre-productifs. » Upela, comparateur de services de transport s'inquiète de voir Amazon potentiellement exempté de cette taxe grâce à ses entrepôts situés en France : « Tous les colis seront-ils logés à la même enseigne ou ceux d'Amazon, envoyés depuis un entrepôt en France vers un consommateur français, seront exemptés de taxe ? » Aucune annonce n'a été faite pour le moment à ce sujet par le gouvernement.
Si son effet positif sur les finances publiques ne fait pas de doute, les professionnels de la logistique se pose la question de l'efficacité réelle de la taxe à inciter les consommateurs à ne pas commander de petits colis « La taxe de 2 euros ne semble pas très dissuasive pour quelqu'un qui fait venir de la fast fashion venue d'Asie en Europe », observe Patrick Moebel, président de FedEx Logistics France, lors du Paris Air Forum. Même constat pour Dave Andrew, président d'ASL Aviation : « Deux euros, ce n'est pas beaucoup sur un colis valant en moyenne 100 euros. »
Concrètement, la collecte et la gestion de cette taxe impliqueraient la mise en place de nouvelles procédures, qui pourraient ralentir le flux des opérations logistiques et saturer les services douaniers.
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En 2024, plus de 4,6 milliards de petits colis ont été importés en Europe, soit 145 petits colis par seconde, dont 91 % en provenance de Chine. En France, 800 millions de petits colis ont été livrés. À deux euros l'unité, cette taxe pourrait donc rapporter 1,6 milliard d'euros à l'État.
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Raphaël Melka
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