L'informatique passe au vert

D'un côté, le Green IT ou éco-TIC optimise la consommation électrique des ordinateurs et des centres de données. De l'autre, le Cloud Computing ou informatique dans les nuages qui répond à la demande aux besoins de logiciels et de traitements des entreprises par Internet. Ces deux domaines ont convergé. Un nouveau marché est né : le Green Cloud Computing.

En France, l'informatique consomme 13,6 % de l'électricité, lance Thomas de Lacharrière, en charge du développement durable chez Devoteam, une société de services informatiques qui vient de mener une étude européenne à ce sujet. La moitié des grandes entreprises ne savent même pas comptabiliser l'électricité utilisée par leur système d'information. » D'où un terrible gâchis. « Aux États-Unis, les centres de données (data centers) brûlent 7 gigawatts produits par 15 centrales. Si rien n'est fait, il en faudra 10 de plus en 2011 », affirme Cyril Van Agt, responsable avant-vente chez NetApp, un des leaders du stockage numérique. Bon nombre de centres de données gaspillent de 2,5 KW à 3 KW pour refroidir un serveur qui consomme 1 KW. On dit alors que leur PUE (Power Usage Effectiveness) est de 2,5 ou 3. Conséquence, l'électricité devient le premier poste de dépense ! Ce qui pousse le secteur à concevoir des centres de données « verts » dont le PUE tombe à 1,5. Google expérimenterait un PUE de 1,25.

Logiciels de virtualisation

Irréversible, le Green IT ou éco- TIC génère un florilège de technologies : gestion dynamique de la tension et de la fréquence des microprocesseurs, utilisation d'air frais gratuit, etc. Sur ces préceptes, tous les géants de l'informatique se font bâtir des centres de données hyperindus t r ial i s é s . Coûtant de 500 à 600 millions de dollars pièce, ceux-ci concentrent de 500.000 à un million de serveurs. Voire plus.

Ces volumes d'investissement poussent certains groupes, à l'instar d'Amazon, Goggle, IBM et Microsoft, à rentabiliser ces énormes infrastructures conçues au départ pour leurs propres besoins. Grâce aux logiciels de virtualisation, qui créent à la volée une multitude de serveurs virtuels sur une même machine physique, ils mobilisent la puissance de la machine non utilisée pour vendre des services à la demande - sachant que 90 % des serveurs sont utilisés à 20 % de leur capacité. « Avec le ''Cloud'', on divise par 10 leur consommation électrique », résume Jean-Paul Smets, PDG de Nexedi, un éditeur de progiciels de gestion intégrés accessibles en mode SaaS (Software as a service, autrement dit en location).

Qui plus est, les exploitants de centres de données s'ouvrent de nouveaux marchés en louant soit leurs infrastructures (IaaS : Infrastructure as a Service), soit leurs plates-formes logicielles (PaaS : Platform as a Service) soit leurs applications métier (SaaS). Amazon loue ainsi de la puissance IaaS (0,12 dollar l'heure de serveur) avec son service EC2 (Elastic Cloud Computing) et du stockage avec S3. Quant à Google et Microsoft, ils intègrent toute la chaîne du Cloud. Seul Microsoft, avec Azure, proposera toute la gamme Cloud à la location.

Puissance variable à vendre

De plus en plus d'entreprises vont acheter de la puissance variable tant en infrastructure qu'en plate-forme pour louer des applications. Selon Gartner, ce dernier marché devrait doubler d'ici à 2012 à environ 15 milliards de dollars ! Les entreprises vont-elles externaliser toute leur informatique ? Sûrement pas. « Le Cloud privé se développe dans les entreprises qui tiennent à maîtriser leurs données et leur système d'information », observe Bertrand Yvain, cofondateur de Lost Oasis, un hébergeur marseillais qui édite un logiciel libre laissant le Nuage informatique ouvert.

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Commentaire 1
à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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Résumer le Green IT aux économies d'énergie est une contre vérité. 95% de l'électricité française est issue du nucléaire ou de l'hydraulique. Il y a donc très peu d'impact sur le réchauffement climatique. Que l'on soit pour ou contre le nucléaire, ce...

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