Le projet de récupération de la chaleur fatale d'une aciérie allemande répondra en 2026 aux besoins de chauffage de 8.000 logements à Strasbourg. Une société d'économie mixte réalisera et exploitera la conduite transfrontalière de 5,5 kilomètres nécessaire au projet.La chaleur fatale issue de l'aciérie BSW (Badische Stahlwerke) à Kehl ne réchauffera plus l'air au-dessus de la plaine du Rhin. L'Eurométropole de Strasbourg, la région Grand-Est, la Banque des Territoires, la ville de Kehl et le Land de Bade-Wutemberg ont pris part à la création de la société d'économie mixte locale (SEML) Calorie Kehl-Strasbourg, dont la vocation apparaît inédite : elle construira et exploitera, dès 2026, un réseau de chaleur transfrontalier.
L'énergie présente sous forme de vapeur d'eau au niveau des échangeurs thermiques de l'aciérie sera récupérée dans un caloduc de 5,5 kilomètres. Ce tuyau sous haute pression sera relié au réseau existant de chaleur urbaine qui alimente, à Strasbourg, les quartiers Esplanade et Elsau. Ce tuyau de 35 centimètres de diamètre franchira le Rhin à une vingtaine de mètres de profondeur. Sa mise en œuvre nécessitera, en phase de chantier, l'utilisation d'un micro-tunnelier sur une distance de 2,8 kilomètres.
Le projet mobilise un investissement de 25,5 millions d'euros, subventionnés à un peu moins de 50 % par les fonds européens Interreg, par l'Ademe (agence française de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) et par son homologue allemande, la Dena (Deutsche Energie-Agentur). L'aciérie BSW investira 11 millions d'euros dans son infrastructure de récupération de la chaleur. Le contrat porte sur la fourniture garantie de 80 gigawatheure (GWh) par BSW. L'installation industrielle à Kehl présente un potentiel total estimé de 134 GWh. La collectivité compare cet apport en énergie renouvelable aux besoins de chauffage et d'eau chaude sanitaire de 8.000 logements strasbourgeois.
Desservir 37.000 logements
L'Eurométropole de Strasbourg, qui s'est fixée un objectif de fourniture en énergie 100% renouvelable en 2050, a érigé en priorité la bonne gestion de ses réseaux de chaleur. "37.000 logements devront être desservis, à terme, par nos réseaux connectés en centre-ville et leurs extensions", rappelle Marc Hoffsess, adjoint au maire en charge de la transformation écologique du territoire.