PSA hésite sur la stratégie de sa future marque à bas coûts avec Changan

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Au salon de Shanghai, le constructeur français évoque une nouvelle marque mais rejette le label « bas de gamme ». L'export vers l'Europe fait l'objet de débats internes.

Mais que se passe-t-il donc chez PSA ? Aurait-on honte de lancer une voiture à bas coûts ? Au dernier salon de Shanghai, les dirigeants du groupe ont semblé soudain circonspects, évasifs, sur la future marque « bas de gamme » et plus encore sur son introduction éventuelle en Europe.

Plutôt même qu'une marque à bas coûts, le président de PSA, Philippe Varin, préfère évoquer une « marque propre » à la nouvelle coentreprise entre le français et le chinois Changan, qui attend le feu vert des pouvoirs publics locaux. Et quand on interroge Grégoire Olivier sur l'export vers l'Europe, le directeur Asie de PSA fait mine de plaisanter : « vers 2020 ? ». Souci de diplomatie pour ménager la susceptibilité des Chinois en évitant le vocable péjoratif de « bas coûts » ? Volonté de ne pas brouiller le message alors que le groupe présente la Citroën DS5, qui se veut, elle, haut de gamme ? Le président de Changan, Xu Liuping, a même paru ne pas comprendre le sens d'une question posée sur une marque à « bas coûts »...

Pourtant, au salon de Genève début mars, PSA était bien plus affirmatif ! « Cette marque à bas coûts sera forcément mondiale et couvrira donc l'Europe de l'Ouest », avait même martelé son directeur des marques, Jean-Marc Galès. Celui-ci penchait même pour une diffusion sur le Vieux Continent à travers Internet. Chez PSA, on murmure que Jean-Marc Galès aurait fait ces déclarations pour... forcer la main du groupe sur ce dossier. Bisbilles internes ?

Coûts logistiques

Ce qui est certain, c'est que PSA va créer une marque avec Changan, dont « le nom sera lancé dans les douze mois qui viennent », reconnaît Philippe Varin, qui ne mésestime pas « l'existence en Europe d'un marché de modèles à bas coûts ». Même s'il est évident que « la Chine est la priorité ». Changan « a des plates-formes avec des coûts de production très inférieurs à ce que nous sommes capables de proposer. C'est un partenaire potentiel très intéressant pour des véhicules à des prix de vente très inférieurs aux nôtres pour la Chine et d'autres pays », expliquait récemment à « La Tribune » le directeur de la recherche et du développement chez PSA, Guillaume Faury. Grégoire Olivier évoque l'Asie du sud-est, l'Inde, l'Afrique du nord, l'Amérique latine.

Pour l'export vers l'Europe, le directeur Asie de PSA met en avant le contre-argument des coûts logistiques entre la Chine et le Vieux Continent « de 1.200 euros par véhicule ». Mais, après tout, cette marque pourrait exporter à partir d'une autre base industrielle (Inde ?). Nissan vend bien en Europe des voitures à bas prix fabriquées dans le sud de l'Inde...

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