Canal Plus s'intéresse au marché turc

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La chaîne cryptée a étudié à l'automne un rachat de 47% du bouquet satellite turc Digiturk, une participation évaluée à un milliard de dollars.

Canal Plus, fort d'une trésorerie d'un milliard d'euros, continue d'envisager un important rachat à l'étranger qui transformerait le profil du groupe. Ces dernières années, la chaîne cryptée a ainsi étudié successivement l'allemand Premiere (finalement raflé par Rupert Murdoch), l'espagnol Digital+ (mais n'a pas proposé assez d'argent au goût du propriétaire Prisa), et le canadien Bell TV (qui finalement a été retiré de la vente).

Ces derniers mois, elle a envisagé de prendre pied en Turquie en étudiant un rachat des bouquets satellites D-Smart et surtout Digiturk. Ce dernier est l'actif dont le profil est le plus proche de celui de Canal : c'est un bouquet payant, lancé en 2000, qui comptait 2,4 millions d'abonnés fin 2009, et détient notamment les droits de la SuperLig de football turque. Il est détenu à 47 % par le fonds américain Providence, rentré début 2006 et qui a songé à sortir à l'automne 2010. À l'époque, la presse avait indiqué que Time Warner et News Corp étudiaient le dossier. Finalement, Providence a suspendu le processus de cession il y a quelques mois sans donner de raison. Ces 47 % avaient été rachetés pour 250 millions de dollars en 2006, puis valorisés fin 2007 entre 845 millions et un milliard de dollars, lorsque Digiturk avait tenté de s'introduire à la Bourse de Londres, mais sans suite. L'autre actionnaire de Digiturk est le conglomérat turc Çukurova.

D-Smart est un actif moins intéressant : c'est le plus récent des bouquets satellite du pays, avec à fin mars 1,3 million de clients, dont seulement 454.000 à des chaînes payantes. Son propriétaire, le conglomérat Dogan, cherche à céder ses actifs pour payer une amende fiscale de 3,2 milliards de dollars. D-Smart n'est qu'un petit bout de ses actifs médias, constitué essentiellement par des journaux (« Hürriyet ») et des chaînes de TV (la populaire Kanal D). Selon le « Financial Times », seuls Time Warner et les fonds KKR et TPG seraient encore en lice pour racheter ces actifs média.

Rachats et lancements

Reste qu'un rachat d'un média turc par un groupe français pourrait s'avérer délicat, en raison des positions du gouvernement français, notamment son opposition à l'entrée d'Ankara dans l'Union européenne. Mais l'opposition serait probablement réduite pour le rachat d'un bouquet comme Digiturk, dont le contenu n'est guère politique. « Lors des discussions qu'a eu Canal en Turquie, ses interlocuteurs ont assuré qu'un investissement français semblait tout à fait possible », indique un proche des discussions.

En attendant un gros rachat, la filiale de Vivendi poursuit son développement international en lançant des bouquets en partant de zéro, comme au Vietnam. « Mais c'est vraiment très difficile : réussir demande beaucoup d'énergie et de capacités managériales », a déclaré le président Bertrand Meheut au « Financial Times ».

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