Dans un mois, du 26 au 28 avril, se tiendra le salon MedFEL, grande messe des fruits et légumes à Perpignan. L’association d’’organisations de producteurs (AOP) Pêches et abricots de France y célèbrera ses 15 ans d’existence. Quinze années pour quel bilan ? Réhabiliter les productions du sud de la France (majoritairement par des entreprises du Roussillon) et apporter des réponses aux enjeux de la filière, notamment sur les questions environnementales.Il aura fallu quinze années et beaucoup de travail pour remettre la production de pêches et de nectarines françaises en bonne place dans les rayons des grandes surfaces. Pour bien comprendre ce qui s'est passé, il faut remonter un peu dans le temps...
Les associations d'organisations de producteurs (AOP) sont nées peu avant la fin des années 2010 quand une vaste réforme envoie à la casse l'organisation économique de la filière fruits et légumes prévalant alors et segmentée en bassins de production.
«C'est une réforme majeure parce que de quelque chose d'obligatoire qui permettait d'aller chercher des financements, nous sommes passés à une organisation de type volontaire où il n'y avait pas de budget à aller chercher», résume Bruno Darnaud, producteur de pêches dans la Drôme et président de l'AOP Pêches et abricots de France.
C'est aussi un des moments culminant de la concurrence avec l'Espagne qui chamboule les marchés avec des volumes et des prix bas : « Ce que l'AOP a été chargée de faire, c'est de parvenir à repositionner nos pêches et nectarines face aux produits espagnols et malgré un coût plus élevé », explique Bruno Darnaud.
« Cela évite des visites de producteurs dans les magasins ! »
La clé sera de rejoindre la démarche "vergers écoresponsables", lancée quelques années auparavant en France par l'AOP Pommes poires, pour entamer un travail de différenciation, qui a, depuis, porté ses fruits. Aujourd'hui, l'essentiel de la production de pêches et nectarines françaises est déployée dans deux bassins : le Roussillon qui produit la majeure partie des volumes de l'ancienne région Languedoc-Roussillon (potentiel de 80.000 tonnes) et la Crau (Bouches-du-Rhône) qui réalise une bonne partie des productions de la région PACA (potentiel de 60.000 tonnes). Des volumes d'ailleurs réalisés pour partie par des entreprises du Roussillon qui y ont développé ou racheté des vergers.