Le constructeur lance un programme européen pour étudier la formation des traînées de condensation, responsables d’une part significative de l’empreinte environnementale du trafic aérien au-delà des émissions de CO₂.« S'attaquer aux traînées de condensation représente une occasion unique de réduire massivement l'impact de l'aviation sur le climat », a apostrophé le professeur Steve Barrett de l'université de Cambridge ce mardi depuis le sommet organisé par Airbus à Toulouse.
Formant de longues lignes blanches dans le ciel, les traînées de condensation se forment lorsque les avions atteignent une altitude de croisière, entre 30 000 et 40 000 pieds. S'il fait suffisamment froid et humide, l'eau se condense à la surface et gèle pour créer un nuage de glace artificiel. Ces traînées de condensation, concentrées surtout en Europe, au-dessus de l'Atlantique Nord et de l'Amérique du Nord, peuvent atteindre des kilomètres de large et persister pendant six heures dans l'air.
Si elles ne génèrent pas de CO2, ces traînées ainsi que les oxydes d'azote seraient responsables de 45 % de l'empreinte environnementale de l'aérien d'après de récents travaux menés par Thales et la compagnie Amelia. « La communauté universitaire et scientifique s'accorde à dire que les traînées de condensation ont un effet net sur le réchauffement, et qu'il s'agit donc d'un sujet que nous devons prendre au sérieux », résume Mark Bentall, responsable de la R&T au sein d'Airbus.
Des essais menés en Allemagne et à Toulouse
Le constructeur européen vient d'annoncer qu'il coordonne le consortium Pacific (Particle emissions, Air Quality and Climate Impact related to Fuel Composition and Engine Cycle) réunissant 11 partenaires de quatre pays parmi lesquels le fabricant de moteurs Rolls Royce et Neste, entreprise finlandaise spécialisée dans le raffinage. Financé par l'Union européenne, le projet a débuté en janvier 2025 et durera jusqu'en juin 2028 avec des tests au laboratoire au centre aérospatial allemand (DLR) jusqu'aux essais complets des moteurs d'avion à Airbus Toulouse pour analyser notamment la quantité de particules fines libérées à différents niveaux de puissance du moteur.