Effet visible de la présence du transport aérien avec ces longues lignes blanches parfois persistantes dans le ciel, les traînées de condensation présentent surtout un enjeu en termes d'empreinte environnementale. Si elles ne génèrent pas de CO2, elles contribuent fortement à l'impact climatique de l'aviation. Il apparaît pourtant, au vu d'une étude réalisée par l'ONG Transport & Environment et d'une expérimentation menée par Thales avec la compagnie Amelia, qu'elles pourraient être drastiquement réduites à moindre coût.
Les traînées de condensation se forment uniquement dans certaines conditions, notamment dans des zones froides et humides. Celles-ci contribuent à la condensation rapide sous forme en cristaux de glace de la vapeur d'eau émise par les moteurs des avions. Dans les faits, il suffit donc d'éviter ces zones pour empêcher en grande partie la formation des traînées. Ainsi, selon Julien Lopez, chef de projet chez Thales, ces zones sont peu étendues verticalement et elles peuvent être éviter en adaptant l'altitude de l'avion.
Il prend ainsi l'exemple d'une expérimentation menée sur un vol d'Amelia entre Valladolid (Espagne) et Paris en juin 2024, qui devait traverser des zones particulièrement propices à la condensation. L'abaissement de la trajectoire de 2.000 pieds (environ 600 m, l'avion passant de 11.000 m à 10.400m d'altitude) a permis de réduire significativement la génération des traînées et donc leur impact. Calculée en équivalent CO2, elle a ainsi été réduite de plus de 86 %.