Décarbonation de l'aviation : « La technologie ne suffit pas face à l'urgence climatique »

Florine Galéron
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Rémi Benoit

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En juillet dernier, le gouvernement des Pays-Bas a décidé de supprimer 12% des vols de l'aéroport d'Amsterdam pour réduire son impact environnemental et lutter contre la pollution sonore. C'est la première fois en Europe qu'une telle décision est prise dans le trafic aérien. Il y a quelques jours, c'est le PDG d'Aéroports de Paris, Augustin de Romanet qui a invité « les gens à être plus raisonnables dans le voyage aérien » tant que « le transport aérien n'aura pas été au bout de son processus de décarbonation » même s'il précise néanmoins que, « sur le long terme, c'est le transport aérien qui sera le système le moins émetteur de CO2 ».
« Ces deux exemples montrent que cette question de maîtrise du trafic aérien est sur la table », a estimé Florian Simatos, enseignant-chercheur à l'Isae-Supaero, à l'occasion des rendez-vous de l'innovation organisés le 22 septembre dernier dans les locaux de l'Enac (école nationale de l'aviation civile). Florian Simatos est l'un des cinq chercheurs de la prestigieuse école d'ingénieurs toulousaine à avoir publié en octobre 2021 un référentiel « aviation et climat », un document de synthèse des dernières publications scientifiques sur cette thématique.
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Les auteurs arrivent à la conclusion que pour respecter les accords de Paris et limiter le réchauffement climatique à 1,5°C « une décroissance du trafic est nécessaire quelles que soient les hypothèses technologiques ». « Les émissions de CO2 doivent décroître maintenant et de manière très importante. Cela peut choquer. Mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'il reste dix ans d'émissions de carbone au rythme actuel pour respecter le budget carbone d'1,5°C », pointe Florian Simatos. En prenant pour hypothèse que l'aviation utiliserait 2,6 % du budget carbone mondial, cela nécessiterait que les émissions diminuent d'environ 10 % par an. En revanche, d'après les chercheurs avec un objectif plus laxiste de maintenir le réchauffement climatique à 2°C, une cible plus communément reprise par les industriels du secteur, une croissance du trafic aérien serait possible à condition d'hypothèses technologiques très ambitieuses d'après un scénario optimiste et mais un scénario plus pessimiste conclut qu'une baisse du trafic serait là encore nécessaire.
Florine Galéron
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