En déplacement chez Airbus à Toulouse, le ministre de l'Industrie considère que suspendre les investissements aux Etats-Unis est une forme de patriotisme économique.« La situation est sans précédent depuis la crise des années 30 et peut déstabiliser l'ensemble des chaînes de valeur mondiales, ce qui peut amener à des hausses de prix pour les consommateurs, des destructions d'emplois pour les entreprises. Nous souhaitons évidemment prémunir nos filières industrielles et protéger nos filières industrielles », a lancé le ministre de l'Industrie Marc Ferracci ce vendredi après-midi à Toulouse, en plein cœur d'une chaîne d'assemblage d'Airbus.
La décision unilatérale de Donald Trump mercredi d'imposer 20 % de droits de douane pour tous les produits arrivant de l'Union européenne risque d'impacter tous les grands secteurs exportateurs tricolores. A commencer par la filière aéronautique qui représente 20 % des exportations de la France vers les Etats-Unis, pour une valeur de 9 milliards d'euros en 2024.
Depuis mercredi, le secteur cherche à évaluer les effets de la mesure. « Nous sommes en train de regarder les conséquences et les bonnes réponses à apporter, a glissé le président exécutif d'Airbus Guillaume Faury pendant le déplacement. Il est important aussi de rappeler que dans l'aéronautique, il n'y a pas de barrières douanières. Il existe un accord depuis 40 ans, qui permet aux différentes pièces de transiter d'un endroit à l'autre, ce qui a été un grand facteur de succès pour cette filière. Mais les décisions américaines viennent changer la donne. »
Pour le premier constructeur aéronautique mondial, les conséquences pourraient être mesurées en raison de sa forte implantation industrielle outre-Atlantique. Airbus a inauguré en 2015 une usine d'assemblage final à Mobile, où sont produits des avions monocouloirs A320 et A220.