Placée en redressement judiciaire, la société lozérienne France Résille change de modèle économique. A l’origine spécialisée dans la fabrication industrielle de résilles à destination du bâtiment, l’entreprise vise désormais le marché de la décoration via ses deux marques Citizz et Kolibri. Et reste confiante.Jusqu'à l'été dernier, tout allait pourtant bien pour France Résille qui venait d'emménager dans de nouveaux locaux, construits par la Communauté de Communes des Terres d'Apcher (48). Mais l'entreprise, qui avait réalisé des projets ambitieux pour un hôtel de luxe en Guyane et un palace au Turkménistan, s'est retrouvée en difficulté suite à deux impayés majeurs, pour un montant de 360 000 €.
« Les impayés sont un problème récurrent dans le secteur du bâtiment et comme nous ne pouvions plus faire face, nous avons dû changer notre fusil d'épaule en nous recentrant sur des produits de décoration »,déclare un peu amèrement Michel Couderc, fondateur et dirigeant de la PME France Résille (35 salariés), créée en 2012.
Le virage ne va pas se prendre du jour lendemain, l'entreprise lozérienne en est bien consciente. Elle vient d'ailleurs de livrer l'habillage du central de Roland Garros, avec une résille épaisse de 2 cm, ainsi que celui du palace implanté sur le toit de la Samaritaine à Paris.
« Le chantier de la Samaritaine a duré trois ans. Deux autres chantiers à destination de bâtiments sont en cours de réalisation,confirme le dirigeant. Mais dorénavant, nous allons nous concentrer sur les produits de nos deux marques : Citizz et Kolibri. »
Production quotidienne de 200 skylines
Lancée fin 2018, la marque Citizz a conquis des marchés internationaux avec ses skylines, décorations monochromes à découpe laser représentant au départ les plus belles villes du monde. Suite à une demande croissante de la part notamment de communes et de clubs de sports - l'entreprise vient de signer un contrat avec l'Olympique de Marseille - la gamme s'est progressivement élargie et compte aujourd'hui 4 formats de 40 cm à 1,20 m dont les prix varient entre 22 € à 120 €.
Dans l'usine lozérienne, un atelier spécialisé (6 personnes) entièrement dédié à ce projet assure une cadence de production de 200 modèles par jour, soit environ 45 000 par an.