Les grands travaux en mal de financement bancaire
Christine Lejoux
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Le financement des infrastructures aurait-il mangé son pain blanc ? Des obstacles commencent à freiner l'élan de cette jeune classe d'actifs, née au début des années 2000, lorsque les Etats, faute d'argent, avaient commencé à multiplier les partenariats public-privé (PPP) pour financer la construction et l'exploitation de grands chantiers autoroutiers, ferroviaires ou de distribution d'eau ou d'électricité. Compte tenu des besoins des pays émergents et des plans de relance d'économies matures comme la France, le financement d'infrastructures représente un marché de quelque 40.000 milliards de dollars, sur les vingt prochaines années, dans le monde, selon l'OCDE.
Cette manne n'a pas échappé aux sociétés de capital-investissement et autres gérants d'actifs, nombreux à avoir créé des structures dédiées au financement de grands projets, ces dernières années. C'est notamment le cas d'Axa Private Equity, qui avait remporté, l'an dernier, l'appel d'offres pour la construction de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux, au côté du fonds Meridiam [aujourd'hui indépendant mais qui appartenait à l'époque à Crédit agricole ; Ndlr] et du groupe de BTP Vinci.
Les fonds d'infrastructure très actifs
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A cette corne d'abondance se sont ajoutées plus récemment des cessions d'actifs par des entreprises du secteur des « utilities », comme Veolia ou les sociétés d'autoroutes espagnoles, contraintes de vendre des activités pour réduire leur endettement ou en raison d'une réallocation de leurs investissements vers les pays émergents. Fin juin, Veolia a ainsi cédé son activité d'eau régulée au Royaume-Uni aux fonds Infracapital Partners (Prudential) et Morgan Stanley Infrastructure Partners, sur la base d'une valorisation de 1,5 milliard d'euros. Deux mois plus tôt, l'opérateur britannique aéroportuaire BAA, filiale de l'espagnol Ferrovial, avait vendu l'aéroport d'Edimbourg au fonds Global Infrastructure Partners (GIP), pour 984 millions d'euros.
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