Les ambitions de la Banque publique d'investissement

La Banque publique d'investissement est d'abord une promesse de campagne de François Hollande. elle est maintenant devenue une priorité du gouvernement. ambitieuse, cette nouvelle banque doit « changer la vie des entreprises », selon Arnaud Montebourg, ministre du redres-se ment productif.

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L'objectif de créer un « guichet unique » implanté régionalement plus accessible aux PME et aussi aux très petites entreprises (tpe) paraît plein de bon sens. Il implique de remettre à plat les outils de financement existants, quasiment tous dans l'orbite de la caisse des dépôts. Une révolution interne, en somme, qui fait déjà grincer des dents. comme en 2008, la création du Fonds stratégique d'investissement imposée à la caisse des dépôts faisait craindre en interne qu'elle « emporte la maison tout entière » puisque ce FSI devait être une sorte de fonds souverain à la française. Les mêmes craintes s'expriment aujourd'hui quant à la création de la BPI, nouvelle idée imposée à la caisse.La première version du projet sera connue à la fin juillet : la mission de « préfiguration » de Bruno parent doit en effet rendre ses conclusions à cette date, sachant que le lance-ment effectif de la banque devrait avoir lieu au premier trimestre 2013. Le premier principe serait de séparer, d'un côté, les activités d'investissements en fonds propres, actuellement assurées par le FSI, le FSI régions ou encore CDC entreprises et, de l'autre, les activités de crédit conduites par Oséo en complément avec des établissements bancaires classiques.

Qui contrôlera vraiment la BPI??

Les structures antérieures continueront-elles d'exister pour être simplement rassemblées sous une holding de tête détenue par l'état et la caisse des dépôts?? Qui contrôlera vraiment la BPI?? et quelle place auront les régions dans ce nouvel ensemble?? S'il semble acquis qu'elles seront associées à la gouvernance, ne serait-ce que parce que le président s'y est engagé, leur intervention pratique dans les choix opérationnels d'investissement et de crédit fait débat.Les partisans d'une décentralisation des décisions pour coller aux besoins des entreprises, et coordonner l'action avec les outils locaux de financement, s'opposent à ceux qui défendent la nécessité d'une stratégie globale. Le vieux conflit entre centralisateurs et décentralisateurs n'est pas mort. Il se complique de la question des ressources. La BPI doit en principe être alimentée par le doublement du plafond de dépôts du Livret développement durable rebaptisé pour l'occasion Livret d'épargne industrie, qui doit être réalisé parallèlement au double-ment du plafond du livret a. Mais ce relèvement de plafond ne devrait pas s'opérer en une seule fois, si bien que l'augmentation de la collecte sera étalée dans le temps. L'idée de solliciter davantage des ressources régionales et de privilégier des cofinancements public-privé plutôt qu'exclusivement publics fait son chemin.

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