"Caddie était peu endettée, c'était son principal problème"
Olivier Mirguet, à Strasbourg
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Olivier Mirguet, à Strasbourg
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
La reprise du fabricant de chariots de supermarché Caddie par Altia, prononcée le 21 mai 2012 par le tribunal de commerce de Strasbourg, a soldé une série de man?uvres financières avortées qui auraient abouti, sans repreneur, à la disparition du savoir-faire de l'entreprise alsacienne. Wanzl, le concurrent allemand de Caddie, a été parmi les premiers éconduits. « Caddie nous a fait une proposition de rachat à 20 millions d'euros, il y a deux ans. Nous avons négocié à 5 millions d'euros, ils ont refusé », explique Jacques de Beauval, directeur commercial chez Wanzl. Le fonds de retournement Per-ceva, spécialisé dans la reprise de sociétés en difficulté, n'a pas donné suite quand Caddie s'est déclarée en cessation de paiement, le 5 mars 2012. Confrontée à des déficits chroniques d'exploitation (10 millions d'euros de pertes en 2011), après une série d'exercices dans le rouge depuis 1999, l'actionnaire Alice Deppen-Joseph, 83 ans, était arrivée à court de ressources financières quand il aurait fallu injecter, une dernière fois, 15 millions d'euros de trésorerie.
Le besoin d'argent frais fait douter Les banquiers
Entre-temps, un projet d'accord avec Supercart, fabricant de chariots d'ori-gine sud-africaine, avait semé le doute quant au périmètre réel des activités de l'entreprise alsacienne.
« Cette consommation d'argent frais a conforté les doutes des banquiers, qui ont décidé de ne plus suivre Caddie à l'annonce de sa restructuration industrielle, en 2009. L'entreprise était peu endettée, c'était son principal problème », observe Pascal Gaden, conseiller aux mutations économiques à l'Adira, l'agence de développement économique du Bas-Rhin. Un projet à 15 millions d'euros imaginé par Stéphane Dedieu, son directeur général, aurait permis à Caddie de gagner en productivité sur un nouveau site industriel désenclavé, à Drusenheim (Bas-Rhin). Mais les banques avaient perdu confiance : lors d'une réunion à laquelle étaient conviées une dizaine de banques de référence de Caddie, deux créanciers porteurs de 200?000 euros d'avoirs n'ont même pas fait le déplacement.
Reste maintenant, pour Altia, à financer la stratégie de reconquête de Caddie, devenue Altia KDI. En Alsace, le nouvel actionnaire a repris 384 salariés sur 508. Une unité secondaire au Portugal, Farame, a été cédée au groupe français Phoenix, et sa production relocalisée en Alsace. « Nous pouvons rapidement reprendre 20 à 30% de chiffre d'affaires », annonce Stéphane Roecker, directeur financier d'Altia KDI. En 2012, ce chiffre devrait rester stable, autour de 60 millions d'euros.
Olivier Mirguet, à Strasbourg