Amer et piquant
Robert Jules
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La facture du dernier trimestre 2012 pour la zone euro s'avère extrêmement amère. Alors que les cotillons étaient de sortie, l'économie du Vieux continent s'enfonçait dans la récession : - 0,6%. C'est d'autant plus dur que les analystes atendaient un - 0,4%. Même la vertueuse Allemagne accuse un recul de 0,6%. La France, qui va connaître des turbulences - les autorités ont déjà indiqué qu'elles ne pourraient pas honorer leur engagement de contenir le déficit public sous le seuil des 3% du PIB -, fait mieux, ou disons moins mauvais : - 0,3%.
Même les pays les plus déterminés à faire la leçon aux pays « dispendieux » du sud accusent le coup : la Finlande (- 0,5%), les Pays-Bas (- 0,2%) et l'Autriche (-0,2%). Plus au sud, la potion du docteur Monti a produit ses effets : - 0,9%. Quant à la Grèce, la chute se poursuit (-6%) et le bon élève appliqué de Bruxelles qu'a été le Portugal n'est pas récompensé par sa vertu (-1,8%).
Deux thèses
Face à de tels chiffres, deux thèses s'affrontent : la première consiste à dire que la politique d'austérité consistant à réduire les dépenses publiques n'a pour seul effet que d'entraîner tous les pays dans la récession. Elle relèverait davantage de la pensée magique moralisatrice que de la science économique pragmatique. A regarder les chiffres publiés aujourd'hui, on peut le penser.
La deuxième dit que l'austérité est davantage un discours qu'une réalité : les dépenses publiques ne se réduisant pas, c'est davantage le rythme de leur augmentation qui ralentit. En revanche, les divers taxes et impôts pour générer des recettes eux sont à la hausse. Et la contraction du PIB n'est pas nécessairement une réduction de la création de richesses, puisque les dépenses publiques sont comptabilisées positivement dans le PIB. Au final, cette contraction ne serait pas aussi catastrophique que cela.
On se gardera de trancher le débat, entre nécessaire retour à des finances publiques assainies et le choix de la dépense de l'Etat pour relancer la machine économique.
Robert Jules