Patron, ça a eu payé, mais ça paye plus... en Suisse!
Robert Jules
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La Suisse organisait une votation dimanche pour se prononcer sur la limitation des rémunérations des patrons. Majoritairement, les Helvètes se sont prononcés contre les « rémunérations abusives ». Le scrutin était organisé grâce à l'initiative d'un patron d'une PME familiale qui a recueilli un nombre suffisant de signatures de citoyens pour obtenir un référendum d'initiative populaire.
Amende voire emprisonnement
Certaines mesures devraient donc être appliquées dans un proche avenir : le mandat des membres d'un conseil d'administration (CA) sera ramené à un an, et les formes de rémunérations de type « parachute doré » interdites ; le niveau de rémunération des membres du CA dont les fameux jetons de présence sera soumis et validé par l'assemblée générale des actionnaires ; la non application des deux règles précédentes sera sanctionné sous la forme d'une amende voire d'un emprisonnement.
Ce vote a également pris une résonnance particulière en raison du contexte : depuis quelques semaines, la prime de départ de 72 millions de francs suisses (60 millions d'euros) attribué à son patron sur le départ par le géant pharmaceutique Novartis, est devenu un scandale dans l'opinion. En percevant cette importante somme, ce patron s'engagaient à ne pas aller travaillez chez un conncurrent. Finalement, il y a renoncé.
Le risque de la perte de compétitivité
Les opposants au référendum, une large partie du milieu des affaires et de la finance, ont fait valoir que ces mesures entraîneront une baisse de la compétitivité du pays, la difficulté à recruter de nouveaux talents, ce qui se traduira par des pertes d'emplois.
Les conséquences pour un pays aussi riche que la Suisse seront intéressantes à analyser d'ici quelques années.
Ce qui est sûr, c'est qu'on ne verra pas s'installer le private equity américain dans les cantons suisses. Ce secteur ne connaît pas en effet ce genre de limite. Qu'on en juge! Les neufs patrons de sociétés de private equity ont empoché en 2012 à eux neuf plus d'un milliard de dollars (soit plus de 100 millions de dollars en moyenne chacun) sous forme de dividendes et bonus.
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Robert Jules