Pourquoi les villes sont favorables à l'innovation
Francis Pisani
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Tout le monde sait que les villes sont favorables à l'innovation mais personne ne sait vraiment pourquoi. Sans doute, devrais-je dire, "ne savait" car deux articles scientifiques publiés ce mois de juin par des équipes différentes nous donnent quelques éléments nouveaux. Disons que les hypothèses se précisent.
"Les villes croissent de façon super linéaire"
La première démonstration, strictement mathématique, concerne la spécificité des villes. Elle part de la constatation que leurs propriétés socioéconomiques augmentent en fonction d'un coefficient stable (proche de 1,15) par rapport au nombre de leurs habitants. C'est ce qu'on démontré les recherches réalisées depuis quelques années au Santa Fe Institute par une équipe animée par Geoffrey West et Luis Bettencourt, deux physiciens spécialistes des systèmes complexes. Pour West, "à la différence de tout ce que nous avions vu en biologie les villes croissent de façon super linéaire [...] Cela veut dire que quant on double la taille d'une ville, on a plus que le double de quantités socioéconomiques bonnes et mauvaises - brevets, cas de sida, salaires, crimes, etc. " Quand elles doublent en taille, les bons et mauvais côtés sociaux, collectifs et individuels sont multipliés par 2,3. Phénomène remarquable, ce coefficient est à peu près constant quel que soit le lieu et l'époque.
Les villes ont une efficacité spécifique
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L'efficacité spécifique des villes tient au fait que les plus grandes sont légèrement plus denses alors que les réseaux de l'infrastructure (rues, tuyaux, câbles) par habitant sont plus petits. "Toutes les villes réalisent à la fois des économies d'échelles spatiales à mesure qu'elles croissent et, simultanément, des gains de productivité socioéconomique" explique Bettencourt. On constate que la vie y est plus chère, que les habitants y sont plus riches et "culturellement et technologiquement plus productifs".
Le nombre des relations plus que le nombre des personnes fait la différence
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