Cette triple crise économique, sociétale et politique qu'affronte François Hollande
Jean-Christophe Chanut
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François Hollande ne cesse de le répéter : il a le poil dur. Il savait que devenir président n'était pas une sinécure, il s'était préparé. Certes, celui qui occupe l'Elysée depuis quasiment un an connaissait la conjoncture économique du pays passablement dégradée. Il savait qu'il faudrait patienter pour amorcer le redressement.
Durant sa campagne, il avait expliqué que les deux premières années du quinquennat seraient les plus difficiles, marquées par des mesures impopulaires mais nécessaires au rétablissement des comptes publics. Mais, entièrement accaparé par les questions économiques, François Hollande n'a pas vu venir la détérioration du climat ambiant, symbolisée par « l'affaire Cahuzac ». Lui qui rêvait d'un pays apaisé et d'une République exemplaire, c'est raté.
L'amalgame des mécontentements est en passe de se produire
Au contraire, il se trouve confronté à ce que redoute le plus un président de la République en exercice : le mélange des mécontentements qui risque de créer un amalgame très dangereux. Or, tous les ingrédients sont là. La crise économique et sociale, bien sûr, avec son cortège de chômeurs. A cela vient s'ajouter la défiance à l'endroit du pouvoir politique. Certes, depuis l'instauration de la IIIe République, il y a toujours eu une frange de Français pour considérer les élus et les gouvernants comme « tous pourris »... Mais quand l'ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, avoue ses mensonges après des semaines de déni, cela apporte de l'eau au moulin.
Troisième ingrédient qui commence à préoccuper la majorité socialiste : la radicalisation et la longévité du mouvement des opposants au mariage pour tous, de plus en plus clairement noyauté par des mouvements ultraconservateurs. Les ministres sont invectivés, bloqués dans leurs déplacements et les prochaines manifestations peuvent dégénérer...
Une majorité remuante
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Autant d'éléments qui rendent la situation anxiogène. Et cerise sur le gâteau pour François Hollande, il doit aussi gérer une fronde politique. Sa (trop) large majorité à l'Assemblée est remuante. Or, comme disait Michel Rocard, il est plus facile de gérer une majorité resserrée car moins encline à la rébellion. Dans la ligne des trois ministres Arnaud Montebourg, Cécile Duflot et Benoit Hamon, une trentaine de députés n'ont pas hésité à demander un infléchissement de la politique économique vers moins « d'austérité » Et pour ne rien arranger, François Hollande et le gouvernement doivent ferrailler sur leur gauche avec le leader du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui ne désarme pas et qui ne trouve « rien de bon » dans l'action de ses anciens camarades du Parti socialiste...
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Jean-Christophe Chanut