Montpellier City Life : comment déployer le Smart Building plus efficacement ?
Anthony Rey et Cécile Chaigneau

Montpellier City Life
Edouard Hannoteaux
Anthony Rey et Cécile Chaigneau

Montpellier City Life
Edouard Hannoteaux
La première table-ronde de cette matinée, qui a attiré 150 participants au Corum de Montpellier, abordait la thématique « Énergie-construction : d'où venons-nous, où allons-nous ? ».
Se pose alors rapidement le problème d'interopérabilité des systèmes et des langages.
Les maîtres d'ouvrage doivent donc mettre de l'intelligence dans les bâtiments afin qu'ils communiquent avec leur environnement, s'ils ne veulent pas obérer l'avenir de ces bâtiments et même l'attractivité du territoire.
Car cette réflexion et cette approche très technologiques ne doivent pas s'affranchir d'un principe de réalité essentiel : les bâtiments sont faits pour être occupés.
La 2e table-ronde a expliqué comment les différents métiers de la chaîne de valeur intégrent cette évolution, à commencer par les architectes qui restent attentifs à la notion d'interrelation. "L'impression 3D se rajoute aux quatre matériaux classiques que sont le bois, la pierre, le béton et le métal ; les plates-formes collectent les datas mais échangent plus ou moins bien entre elles, etc. énumère l'architecte Stephan Bernard, directeur général de Carta Associés. Le Smart Building révolutionne notre travail mais il faut trouver les moyens d'être beaucoup plus fluides, de mieux nous parler entre nous et d'instaurer une nouvelle gouvernance, de sorte à vraiment passer du 1.0 au 4.0 ."
Le constat est le même sur le versant énergétique : "Si on veut intégrer ces innovations, il faut raisonner à l'échelle non d'un bâtiment, qui est trop restreint, mais à l'échelle d'un périmètre, et surtout il faut l'ouvrir de sorte à aller chercher toutes les opportunités d'innovation, de synergie entre acteurs, estime Loïc Lepage, expert en énergie chez BG Ingénieurs Conseils. Il nous faut donc une planification énergétique territoriale, qui intègrera non seulement les ingénieurs, mais aussi les aménageurs, les opérateurs énergétiques, les collectivités, etc."
Sur le versant numérique, la convergence avec la révolution énergétique, la multiplication des labels, ou encore l'arrivée de technologies de rupture telles que l'intelligence artificielle imposent "un nouvel enjeu sur la qualification des compétences", selon Stéphane Sollat, expert en bâtiment et territoires intelligents. "Le Smart Building nécessite aussi d'avoir une continuité numérique de la donnée, ce qui suppose que celles-ci soient dans les bons formats, que les infrastructures soient interopérables, etc."
Enfin, le dernier temps fort du Montpellier City Life, en identifiant le Smart Building comme enjeu d'attractivité pour les territoires, a présenté quelques axes stratégiques forts. Car ce peut être un enjeu économique, selon Nicolas Fargeton, directeur régional Sud-Est de Citelum (EDF): "Dans un contexte de contraintes budgétaires, le Smart Building est un outil de performance énergétique et donc d'économie pour les collectivités : cette économie peut se chiffrer à 50 % en basculant l'éclairage public en LED, et même davantage en rajoutant une couche d'intelligence en plus. La gradation de la lumière permet par exemple de moduler l'éclairage, selon qu'un chien ou qu'une voiture passe près du capteur : la performance est encore plus grande."
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C'est aussi un moyen de juguler la crainte qu'inspirent parfois ces innovations, y compris chez les élus et les maîtres d'ouvrage. "Nous avons créé un cercle Vertuoz qui nous permet d'apporter de l'innovation référencée à nos clients, indique Olivier Gresle, directeur général de Vertuoz (Engie). Nous apportons les systèmes innovants, nous les administrons, et nous nous engageons sur la durée. En ce qui concerne les start-ups qui les créent, c'est aussi un moyen d'accompagner l'industrialisation de ces produits."
De même, c'est un moyen d'afficher une nouvelle ambition sur un territoire, comme le rappelle Alain Kergoat, administrateur de la SBA, à propos du quartier Confluences (un million de mètres carrés), en cours de construction à Lyon : "Ce projet sera achevé en 2025, sur un cycle long, mais repose sur de nouvelles bases : la volonté de produire localement son énergie et de la mutualiser, de redonner de la place aux piétons et aux modes doux dans une ville engorgée de voitures, et d'organiser un dialogue public, de sorte que les gens participent à la construction du territoire."
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* Créée en 2012, la SBA fédère 150 organisations représentantes de l'ensemble des corps de métiers liés au bâtiment et aux acteurs de la smart city, pour penser et définir le smart building, et développer la filière.
Anthony Rey et Cécile Chaigneau