Forum Smart City : « La cité intelligente est celle qui rétroagit »

Smart City Montpellier
Eric Durand

Smart City Montpellier
Eric Durand
Après une matinée riche en débats, dans la 2e moitié du Forum Smart City, les échanges ont tourné autour des moyens de construire dès aujourd'hui la ville de demain. Sur le volet énergétique, l'ingénieur Franck Boutté, fondateur de l'agence éponyme spécialiste de l'ingénierie environnementale, a appelé à une nouvelle approche des territoires à énergie positive, en réfléchissant davantage « aux ressources que l'on prend à l'extérieur de la ville pour fabriquer plus de confort ».
Une philosophie partagée par Montpellier Méditerranée Métropole (M3M), qui a lancé le projet « Montpellier Territoire » pour encadrer l'étalement urbain. « La Cité intelligente est celle qui rétroagit, confirme Fabien Blasco, directeur adjoint de l'aménagement à M3M. Une de nos priorités est de considérer d'abord les espaces naturels et agricoles avant d'urbaniser, de sorte à fixer les limites de la ville. Notre projet Éco Cité vient ensuite interroger les invariants du territoire tels que la mobilité ou le risque inondation. »
Les professionnels viennent ensuite en soutien de cette politique d'aménagement, comme le souligne le promoteur Jacques Rubio, directeur général sud ouest de Kaufman & Broad (« Nous collaborons avec la Ville, la Métropole et la SERM, au vu de leur forte implication, pour imaginer le bâtiment de demain sans oublier la dimension économique. Car il est important de développer des projets innovants à des prix de marché abordables, de sorte que tout le monde puisse avoir accès à ces produits »). Pour sa part, un énergéticien tel que GRDF cherche à implémenter la Smart City en tant que « ville connectée en temps réel » : « Montpellier est la 1e ville de Méditerranée où nous déployons notre compteur communicant Gazpar, qui permet de faire du monitoring de consommation en temps réel, avec des datas fiables, tout en respectant la vie privée de nos clients », explique André Sautet, directeur territorial LR de GRDF.
Si la Smart City est une démarche urbaine innovante, elle ne peut donc s'extraire des questionnements sur le sens même des actions d'urbanisation (« Le bâtiment intelligent l'est-il vraiment ? », interroge Nikos Fintinakis, de l'Union internationale des architectes) ou sur la bonne échelle d'action. Le duplex en direct organisé avec Quito, à l'approche la conférence onusienne Habitat 3 qui se déroulera du 17 au 20 octobre, en a fourni l'illustration.
Du côté de Montpellier, Gabrielle Gauthey, directrice des investissements de la Caisse des dépôts, a rappelé que celle-ci agit comme accompagnateur de la « transition territoriale » depuis que les lois MAPTAM (modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles, NDLR) et NOTRe (nouvelle organisation du territoire de la République, NDLR) ont revu le périmètre d'action des collectivités : « Nous nous positionnons en accompagnateur des grandes mutations technologiques et sociales telles que la Smart City, en tant que concepteur, aménageur, investisseur, etc. » Du côté de Quito, l'Équatorien Germanico Pinto, de l'INTA (association internationale du développement urbain), a répondu que les modalités d'action diffèrent fortement en Amérique du Sud et dans le Tiers monde.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

À lire également
Retrouvez le diaporama de l'édition 2016 du Forum Smart City sur ce lien.