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Finances - La Tribune Afrique

Banque africaine de développement : la réforme de l’architecture financière mondiale au cœur des assemblées 2024

Photo de Ristel Tchounand

Ristel Tchounand

Publié le 05 avril 2024 à 16:03 - Mis à jour le 01 octobre 2025 à 03:08

Photo d'illustration

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Reuters

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

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L’institution panafricaine qui fête ses 60 ans cette année entend jouer son rôle pour faire avancer le dossier de la réforme de l’architecture financière mondiale, afin que les besoins de l’Afrique soient davantage pris en compte.

Comme à chaque printemps, la Banque africaine développement (BAD) réunira ses gouvernements, ses dirigeants, les chefs d'Etats et de gouvernements, mais aussi ses partenaires mondiaux issus des secteurs public et privé dans le cadre de ses assemblées annuelles qui se tiendront du 27 au 31 mai à Nairobi, au Kenya. Pour cette édition qui marque également son soixantième anniversaire, la Banque retient la thématique de « la transformation de l'Afrique, le Groupe de la Banque africaine de développement et la réforme de l'architecture financière mondiale ».

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Un sujet devenu brûlant

Cette année, l'institution panafricaine choisit donc de s'attarder sur un sujet qui est au centre du débat financier mondial ces dernières années et qui questionne sur l'avenir de la coopération internationale en faveur du monde en développement. « L'Afrique fait partie du système mondial et lorsqu'on parle de l'architecture financière mondiale système mondial, l'Afrique y participe en passant par l'Union africaine qui, elle, fait partie du G20. Mais outre cette plateforme pour laquelle nous veillons à ce que la voix de l'Afrique soit entendue, nous avons beaucoup d'autres possibilités pour que le continent puisse participer au débat mais également pour diriger les réformes de cette architecture financière mondiale », a déclaré le professeur Kevin Urama, chef économiste et vice-président en charge de la recherche de la BAD, soulignant que ce sont toutes ces possibilités que la Banque entend explorer lors des réunions de Nairobi.

Si la réforme de l'architecture financière mondiale était réclamée depuis longtemps par les leaders du monde en développement, le débat a pris une autre dimension en pleine Covid-19, alors que le continent s'est retrouvé face au défi de la relance économique pour retrouver la trajectoire du développement, mais buté par ses engagements concernant la dette, dans un contexte de croissance démographique et de lutte contre les changements climatiques. Ce cocktail de challenges au moment où un nouvel ordre mondial semblait progressivement s'installer a poussé des leaders comme le président de la BAD, Akinwumi Adesina, à crier à l'urgence. « L'ordre mondial créé après la deuxième guerre mondiale (le multilatéralisme) a conçu une certaine architecture financière au travers des institutions qui ont été créées à cette époque, dont notre continent était absent. Et je pense que le moment est venu de revoir cette architecture financière mondiale en ce qui concerne l'Afrique, afin de prendre en compte nos besoins », déclarait-il déjà en novembre 2022 lors d'un entretien avec La Tribune Afrique.

« Les capitaux internationaux doivent aller là où il y a le besoin »

En conférence de presse mercredi, Vincent Nmehielle, secrétaire général de la Banque, a insisté sur cet aspect lié au besoin. « Les capitaux internationaux doivent aller là où il y a le besoin. Et le besoin se trouve plus en Afrique que dans les pays développés », a-t-il affirmé, ajoutant qu'« après la deuxième guerre mondiale, l'Europe s'est pleinement redéveloppée. Mais après la colonisation, l'Afrique n'a jamais été reconstruite. Le fait est que dès 1945, avec la création des institutions de Bretton Woods, la finance de développement a été structurée sans accorder de faveurs au continent africain. C'est la raison pour laquelle il faudrait réformer l'architecture financière mondiale ».

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Selon la Banque, qui insiste sur « la résilience dont l'Afrique fait preuve », cette réforme est nécessaire afin d'accélérer la transformation du continent perturbée par les récentes crises. Et alors que les pays en général ont repris le chemin de la croissance avec plusieurs économies du continent figurant dans le top 10 des pays à la plus forte croissance au monde et une quinzaine de pays qui devraient avoir une croissance au-dessus de 4%, les perspectives économiques de l'Afrique sont plutôt positives. Selon les prévisions de la BAD, le continent devrait afficher une croissance de 4% en 2024, tandis que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale tablent sur 3,8% uniquement pour l'Afrique subsaharienne, après 3,3% en 2023. Mais face à tous les challenges d'un continent qui devrait réaliser les objectifs de développement durables (ODD) des Nations Unies d'ici 2030 - soit dans six ans - et pour lesquels les besoins de financement annuels s'élèvent à 194 milliards de dollars par selon l'OCDE, la disponibilité de ce financement est présentée comme cruciale.

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Ristel Tchounand

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