Afreximbank Annual Meetings 2019 : d'une pierre deux coups pour la stratégie africaine de la Russie
DNES à Moscou, Ristel Tchounand

Photo d'illustration
Afreximbank
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L'Afrique devrait accélérer la concrétisation de son intégration commerciale et économique dans le cadre de l'accord sur la Zone de libre-échange continentale (Zlecaf) tout en s'ouvrant à une coopération commerciale et économique plus intense avec le reste du monde. C'est en somme qui ressort de la première journée des 26ème réunions annuelles de la Banque africaine d'import-export, Afreximbank, qui se tiennent du 20 au 22 juin à Moscou sous le thème : « Exploiter les partenariats émergents à l'ère du protectionnisme croissant ».
C'est la deuxième fois -après l'édition 2012 en Chine- que la banque tient ses réunions annuelles hors du Continent. Et le choix de la Russie ne vient pas du néant. Parmi les puissances mondiales actuellement engagées dans une stratégie de rapprochement économique profond avec l'Afrique, l'Etat russe est devenu le troisième actionnaire international d'Afreximbank le 29 décembre 2017 -après l'Inde et la Chine-, suite à l'accord signé entre la banque panafricaine et le Russian Export Center (REC), l'institution publique qui accompagne le développement des exportations russes hors matières premières, sous tutelle de la Banque de développement de la fédération de Russie.
Le pays le plus vaste au monde avait demandé l'année dernière -lors des 25ème réunions annuelles d'Abuja- à recevoir l'édition 2019. Avec cet événement, la Russie fait d'une pierre deux coups, en organisant en parallèle la Conférence économique Russie-Afrique qui a ouvert les rencontres, co-organisée avec la Roscongress Foundation et le REC et ce, en prélude du Sommet Russie-Afrique qui se tiendra à Sotchi en octobre prochain.
Rappelant, lors de son allocution d'ouverture, les partenariats déjà avancés entre la Russie et les pays africains notamment en matière de lutte contre le terrorisme, le crime et d'autres menaces transfrontalières, l'assistance humanitaire lors de différentes crises ou encore la formation de cadres africains, le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, estime le terrain prêt pour une coopération économique plus intense :
La Russie qui s'est retirée de l'Afrique dans les années 1990 entend donc ainsi se repositionner en capitalisant sur ses acquis en termes de coopération bilatérales avec les pays du Continent. En 2018 déjà, les échanges commerciaux de la Russie avec l'Afrique ont franchis la barre des 20 milliards de dollars et l'objectif pour Moscou est de doubler ce chiffre d'ici 2024.
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Pour asseoir davantage sa stratégie, le REC travaille actuellement sur son plus grand projet de coopération commerciale avec le Continent. Il s'agit de la zone industrielle russe en cours de construction dans le canal de suez en Egypte. Mis en œuvre en trois phases sur treize ans, le projet est globalement financé à hauteur l'environ 7 milliards de dollars, pour la création de 35 000 emplois, dont 90% en Egypte. « Au cours des cinq prochaines années, cette zone de 525 hectares sera transformée en un parc industriel complet pour les entreprises russes. À l'avenir, la zone industrielle russe servira d'avant-poste pour la promotion des biens et services russes en Afrique », a déclaré Andrey Slepnev, directeur général du REC.
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Ce vendredi, le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, fera le déplacement pour s'exprimer à l'ouverture de la seconde journée des travaux auxquels prennent part plus de 1000 participants dont plusieurs officiels -dont le Commissaire au commerce et à l'industrie de l'Union africaine (UA) Albert Muchanga, la ministre rwandaise du Commerce et de l'Industrie, Rosemary Mbabazy, ou encore l'ex-président nigérian Olesegun Obasandjo-, mais aussi plusieurs participants issus des milieux d'affaires à travers le monde.
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