Kenya/Pétrole : enquête suite à des soupçons de délit d'initié autour de l'OPA du français Rubis sur KenolKobil

Rubis KenolKobil
Reuters/DR/LTA

Rubis KenolKobil
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L'Autorité des marchés financiers au Kenya enquête sur de présumées opérations irrégulières sur des actions en rapport avec l'OPA du français Rubis sur le capital de KenolKobil, leader de la distribution de produits pétroliers, a-t-elle annoncé par voie de communiqué mercredi soir.
Cette annonce est intervenue quelques heures après que Rubis a annoncé son intention de lancer une OPA sur 100% du capital de KenolKobil pour 353 millions de dollars, soit 35,6 milliards de shillings kényans, financés par les fonds propres du groupe avec un effet relutif (amélioration du bénéfice par action) immédiat, tel que précisé dans le communiqué publié sur le site web de la firme.
Fondé en 1959 à Nairobi, KenolKobil est considéré comme un fleuron du secteur pétrolier et gazier kényan. Copropriété de la famille de l'ancien ministre Nicolas Biwott, la firme fait essentiellement dans l'approvisionnement, le stockage, la distribution et la vente au détail d'une large gamme de produits pétroliers. Au-delà des frontières kényanes, KenolKobil est active en Afrique de l'Est, du Centre et australe, plus précisément dans sept pays : Ouganda, Rwanda, Burundi, Ethiopie, Zambie et Mozambique. Son réseau est constitué de 350 stations-services. En 2014, l'Institut pétrolier d'Afrique de l'Est la classe troisième compagnie pétrolière de la sous-région derrière Total Kenya et Vivo Energy. Au cours du premier semestre 2018, KenolKobil a réalisé 1,7 milliard de shillings en hausse de 16,7% par rapport à la même période l'année précédente.
Le projet d'OPA a suscité l'euphorie des marchés, notamment en France où Rubis est coté à la Bourse de Paris. Mercredi, le cours de son action a grimpé de 8%. Dans une note dédiée, le bureau d'études Oddo BHF a félicité une « acquisition signification » dans « une région stratégique, l'Afrique ».
Le premier pas vers cette OPA a été acté ce mercredi à Nairobi. Rubis a trouvé un accord avec les parties prenantes pour acquérir 24,99% du capital de KenolKobil pour 5,6 milliards de shillings, rapporte Standard Media à l'issue de la conférence de presse donnée mercredi dans la capitale kényane par Christian Cochet, directeur général de Rubis Energie, et Bruno Krief, responsable des relations avec les investisseurs chez Rubis SCA. Ce qui explique d'ailleurs que l'OPA ne porte que sur 75,01% du capital de KenolKobil.
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Mais selon le régulateur kényan, la surveillance du marché a permis d'identifier des transactions potentiellement irrégulières sur les actions de KenolKobil dans la perspective de l'annonce de l'offre de Rubis. En clair, ce sont donc des soupçons de délit d'initié qui planent sur la transaction. En effet, le volume de transactions sur les actions de KenolKobil à la bourse de Nairobi serait passé à à 373,46 millions le 23 octobre (mardi) contre 29,51 millions la veille, selon Refinitiv, la branche Financial & Risk de Thomson Reuters, soit 12,6 fois plus en un jour.
L'enquête du régulateur kényan peut aussitôt avoir une incidence négative sur l'enthousiasme des marchés. Pour l'instant, ni KenolKobil, ni Rubis ne sont exprimés sur le sujet.
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Actif sur le marché pétrolier depuis 1990, Rubis est rapidement devenue une importante entreprise française avec des intérêts en Europe, dans les Caraïbes et en Afrique, où le groupe français est implanté à l'Ouest, Sud et désormais à l'Est du Continent. L'OPA devrait normalement être finalisée d'ici mars 2019, après quoi KenolKobil devrait être radié de la Nairobi Stock Exchange (NSE). Mais désormais, tout devrait dépendre des résultats de l'enquête du régulateur.
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