Nigeria : le Sénat s'attaque aux irrégularités dans le renouvellement des contrats pétroliers
Maimouna Dia

Nigerian National Petroleum Nigeria
Reuters
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Le Sénat du Nigeria va enquêter sur les «anomalies» dans le renouvellement des concessions pétrolières par le ministère du Pétrole, a-t-il indiqué mercredi 18 juillet. Au Nigeria, les compagnies pétrolières sont tenues de renouveler périodiquement leurs licences de blocs pétroliers pour continuer l'extraction ou l'exploration. Le Nigéria est le plus grand producteur de pétrole brut d'Afrique et ses ventes représentent environ les deux tiers des recettes publiques du pays. Ce secteur, premier pourvoyeur de devises du pays est aussi celui où se manifeste le plus la corruption, un véritable fléau. Dans sa campagne électorale qui l'a conduit au pouvoir en mars 2015, Muhammadu Buhari a promis de nettoyer le secteur pétrolier, régulièrement émaillé par des scandales de corruption.
C'est dans ce contexte de zéro tolérance contre la corruption dans le secteur clé du pétrole que les représentants des législateurs nigérians ont approuvé l'idée d'une enquête sur l'entreprise pétrolière nationale, la Nigerian National Petroleum Corporation. Adoptant une motion présentée à la séance plénière de ce mercredi 18 juillet et intitulé: «Irrégularités dans le renouvellement du bail pétrolier et gazier en cours et perte massive de recettes publiques», le Sénat nigérian qui a également convoqué le ministre des Ressources pétrolières de l'Etat, Ibe Kachikwu, a voté en faveur d'un comité chargé de «faire un rapport au Sénat sur des anomalies dans le processus de renouvellement du bail en cours et d'identifier les mesures appropriées pour corriger lesdites anomalies».
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Une décision qui ne manquera d'ébranler les services du ministère d'Emmanuel Ibe Kachikwu. Ce dernier est l'actuel Ministre d'Etat pour les Ressources Pétrolières de la République Fédérale du Nigeria et Président du Conseil d'Administration de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC). On se souvient encore du scandale causé par la poursuite et la condamnation de l'ancienne ministre du pétrole Diezani Alison-Madueke. Elle a été accusée de détournements de fonds publics et sommée de rembourser au gouvernement fédéral près de 153,3 millions de dollars. Elle est l'une des victimes de la politique anti-corruption du président Buhari qui, depuis son élection en 2015, en a fait une de ses priorités. Cette volonté d'assainir le pays a envoyé de nombreux hauts responsables dans les geôles, faisant de cette guerre anti-corruption un combat sélectif pour les uns et parfait pour les autres.
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