Kenya : pour cause d'«insécurité», Tullow Oil paralyse la production pétrolière

Tullow
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Depuis plus de deux semaines, Paul McDade, le directeur général de Tullow Oil n'a cessé de répéter qu'il fallait plus de sécurité sur le site de Lokichar. Depuis ce site pétrolier situé dans le nord-ouest du pays, les camions de l'entreprise britannique transportent 2000 barils de pétrole par jour vers des installations situés au port de Mombassa en attendant la construction d'un pipeline d'ici 2021.
Mais depuis plus de 10 jours, le site avait été investi par les populations locales, victimes de vol de bétail et d'actes de banditisme. Par cette action d'envergure, les éleveurs et agriculteurs du Turkana entendaient contraindre le gouvernement à étoffer le dispositif de sécurité pour réduire les rackets. Leurs protestations ont ralenti l'acheminement régulier des barils.
Résultat, le nombre de barils transportés est retombé à 600 en deux semaines. Un manque à gagner que le ministère du Pétrole a chiffré à 4 millions de dollars en deux semaines de protestations. Mais cette mauvaise nouvelle n'est pas venue seule. Après plusieurs mises en garde, Tullow Oil qui exploite le site, a décidé de stopper la production en attendant la sécurisation du site et de la région.
C'est le secteur de la production d'or noir au Kenya qui prend un sérieux coup. Le pays d'Afrique de l'Est est entré en juin dernier dans le cercle des pays producteurs de pétrole. Avec son contrat, Tullow Oil -associée à Total et Africa Oil- envisageait la production de 100.000 barils de pétrole par jour grâce à cinq licences d'exploitation octroyées par l'Etat.
Pour l'heure avec ce coup d'arrêt ce ne sont pas moins de 2 millions de dollars que cette brusque interruption d'activités fait perdre chaque semaine à l'Etat. Tout n'est pas perdu cependant. Le DG de Tullow a indiqué que la production reprendra lorsque les autorités démontreront leur capacité à sécuriser le site.
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« Nous nous attendons à travailler là-bas, à remettre les champs en activité et à continuer le transport par camion dans un proche avenir, mais il est important de prendre le temps de reprendre afin que nous puissions revenir à un environnement plus sécurisé», prévient Paul Mc Dade.
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