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Egypte : signe de la reprise, le cap des 10 milliards de dollars d’IDE en 2017 à portée de main

Aboubacar Yacouba Barma

Publié le 02 août 2017 à 15:47 - Mis à jour le 02 août 2017 à 16:00

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18 juillet 2026

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Avec une moisson de 8,7 milliards de dollars d’Investissements directs à l’étranger déjà perçus par le pays au terme du premier semestre, l'Egypte est en passe d’atteindre et même de dépasser l’objectif de 10 milliards de dollars visés pour 2017. La mise en œuvre de plusieurs mesures destinées à améliorer le climat des affaires ainsi que le rééquilibrage en cours de l’économie stimulent l’appétit des grands investisseurs. Les autorités comptent surfer sur cette vague d’optimisme pour attirer plus de flux...

L'économie égyptienne est en train de retrouver des couleurs et cela lui donne des ailes ! Après plusieurs années de conjoncture difficile qui a profondément terni l'attractivité de la première économie d'Afrique du Nord, la stratégie de rééquilibrage économique des autorités égyptienne est en train de porter ses fruits, ce qui a encouragé le gouvernement à nourrir de nouvelles ambitions.

L'Egypte est en effet en passe d'atteindre et même de dépasser la barre des 10 milliards d'IDE projetés en 2017 avec 8,7 milliards de dollars déjà récoltés à fin juin dernier. A titre de comparaison, en 2016, le montant total des IDE perçus par le pays s'est élevé à quelque 6,9 milliards de dollars, selon le rapport 2017 de la CNUCED sur les investissements en Afrique, ce qui place le pays dans le trio de tête des destinations les plus attractives du Continent. «L'Egypte peut dépasser son objectif de 10 milliards de dollars pour les investissements directs étrangers cette année, car la dépréciation de la livre a réduit le coût des affaires et une nouvelle loi sur les investissements va bientôt entrer en vigueur, ce qui va renforcer l'attractivité de la première économie d'Afrique du Nord», a ainsi confié à l'agence Bloomberg, la ministre égyptienne des Investissements, Sahar Nasr.

La livre égyptienne a perdu presque la moitié par rapport au dollar américain à la suite de la dévaluation qui a accompagné la libéralisation du régime de change et après une période de flottement. En cause, la banque centrale égyptienne qui a progressivement allégé, depuis novembre dernier, ses conditions drastiques de surveillance du marché, ce qui a contribué à mettre fin à la pénurie de devises étrangères qu'a connue le pays particulièrement en 2016.

Le  gouvernement a certes du recourir à l'assistance du FMI avec à la clé un prêt garanti de 12 milliards de dollars étalés sur plusieurs années, en contrepartie de la mise en œuvre de certaines réformes structurelles, notamment la réduction des subventions publiques pour les produits énergétiques et l'instauration de nouvelles taxes afin de maîtriser l'explosion de son déficit budgétaire. «Avec la dévaluation, le coût du travail est l'un des plus bas de la région» a également souligné la ministre égyptienne, ajoutant par la même occasion que «même avec les récentes réductions des subventions publiques aux carburants, le coût de l'énergie en Égypte reste inférieur aux pays voisins ou autres économies émergentes, ce qui donne au pays un certain avantage comparatif».

En plus du programme du FMI et d'autres partenaires financiers internationaux, l'économie égyptienne a été également maintenue à flot par une perfusion de pétrodollars de la part de ses principaux partenaires du Golfe, notamment l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis

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La confiance de retour chez les investisseurs

La dépréciation de la livre égyptienne a certes fait grimper l'inflation de plus de 30% amenuisant du coup le pouvoir d'achat des populations qui paient déjà et depuis cinq ans, le lourd tribut d'une conjoncture engendrée par une instabilité politique et sécuritaire ayant lourdement impacté la situation socioéconomique du pays. La Banque centrale a dû augmenter son taux directeur de 7 points de base en novembre pour juguler l'inflation, mais la dévaluation a permis de stimuler les investisseurs. La ministre égyptienne des investissements a d'ailleurs fait relever dans l'entretien qu'en dépit des taux d'intérêt toujours élevés, les inquiétudes de certains analystes, sur la hausse des coûts des emprunts comme obstacle à la dynamisation des marchés des capitaux, ont été vite atténuées.

Les investisseurs manifestent en tout cas un regain de confiance à l'économie égyptienne et d'après la ministre Sahar Nasr, plusieurs investisseurs des pays du Golfe notamment de l'Arabie Saoudite ainsi que des Emirats arabes unis, mais aussi de la Chine, de  Singapour et des Etats-Unis, ont manifesté leurs intérêts pour de potentiels projets d'investissements dans plusieurs secteurs énergétiques notamment le pétrole et le gaz ainsi que l'immobilier, le tourisme ou la logistique. Si le montant des investissements et le niveau des négociations n'a pas été dévoilé, la ministre a cité le nom de plusieurs grands groupes d'investissements des pays du Golfe (Emaar Properties, PJSC , Al Ghurair) alors que d'autres multinationales déjà actives dans le pays comme l'américain General Electric Co. Ont fait part de leurs intentions de rehausser leurs investissements dans le pays.

Un nouveau code pour stimuler les investissements étrangers

Afin d'accompagner cette dynamique d'IDE, les autorités ont adopté en 2016 un nouveau code d'investissement destiné à améliorer le climat des affaires et à renforcer ainsi la compétitivité du pays. Les nouvelles dispositions relatives à l'entrée en vigueur du nouveau code, destiné entre autres à alléger le poids des longues et complexes procédures bureaucratiques, seront publiées avant le mois d'août en cours.

En plus de la poursuite des réformes conformément au programme convenu avec le FMI et donc les décaissements qui vont avec, le gouvernement entend poursuivre l'assainissement, puis la relance de sa machine économique. Le conseil d'administration de la Banque mondiale se greffe également à la stratégie, puisqu'il devrait examiner, en décembre prochain, la troisième tranche du prêt de 1 milliard en faveur de l'Egypte.

Enfin, le gouvernement égyptien s'est engagé à lancer d'ici la fin de l'année, l'appel d'offres public pour la vente d'actions de la société publique Engineering for the Petroleum & Process Industries (ENPPI) dont une partie sera privatisée et permettrait ainsi d'empocher près de 150 millions de dollars. Il s'agit d'une première pour le pays depuis une douzaine d'années, même si l'opération permettra de faire rentrer du cash dans ses caisses.

Autant donc de raisons qui permettent d'anticiper sur le dépassement de la barre des 10 milliards de dollars d'IDE en 2017, un pari annoncé en septembre dernier par Mohamed Khodeir, directeur de l'Autorité générale pour l'investissement et les zones franches (GAFI).

Vents favorables pour l'économie égyptienne

Ces perspectives assez reluisantes qui ne sont pas sans souffrir des risques de choc, surtout sécuritaire ou géopolitique confortent également un relatif retour de la dynamique au sein de l'une des principales économies du Continent. Mardi dernier, des journaux locaux ont rapporté les derniers chiffres de la Banque centrale qui font ressortir un niveau record des réserves internationales nettes du pays, lesquels couvrent désormais près de 8 mois d'importations. De 36 milliards de dollars en 2010, avant les évènements de janvier 2011, ces réserves se sont effondrées à 15,53 milliards à fin juillet 2016, avant d'entamer la pente ces derniers mois pour s'établir à 36,04 milliards de dollars à la fin du mois de juillet de dernier.

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Des signaux positifs donc pour l'économie égyptienne, même si le grand défi pour le président Abdel Fattah Al-Sissi, c'est de répercuter cette relative embellie sur l'amélioration des conditions de vie et de travail des Egyptiens à travers notamment la création d'emplois et la réduction des inégalités sociales et territoriales. Pour ce faire, le gouvernement égyptien mise sur son programme de relance économique qui passe aussi par la réalisation d'infrastructures et le renforcement de la compétitivité du secteur privé afin d'atteindre une croissance plus durable et surtout plus inclusive.

Aboubacar Yacouba Barma

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