Du chocolat « Made in Côte d'Ivoire » grâce aux coopératives de Yamoussoukro
Khadim Mbaye
Khadim Mbaye
Enfin du chocolat made in Côte d'ivoire fait par des ivoiriens. Un peu tard, mais c'est peut être le début de la fin d'un paradoxe qui a assez duré. La première puissance économique ouest africaine est le premier producteur de cacao, avec 40% du marché mondial. Mais le pays d'Alassane Ouattara ne transforme qu'environ 5 % de ses fèves de cacao. Un mal aiguë et un véritable manque à gagner pour l'économie ivoirienne. Les recettes tirées des fèves sont trop maigres par ce qu'elles ne sont pas transformées sur place faute d'industrie et de savoir-faire.
Seulement aujourd'hui, ce mystère du chocolat ivoirien commence à fondre. Les producteurs de fèves ivoiriens veulent aussi devenir de grands transformateurs. Une entreprise locale, l'Entreprise coopérative de Yamoussoukro (ECOYA) a d'ailleurs lancé un projet en ce sens. Après deux ans de dur labeur, les premiers résultats de l'expérience sont encourageants.
ECOYA a présenté ce lundi 28 août ces premières tablettes de chocolat fabriquées en milieu rural près de Yamoussoukro, la capitale administrative du pays. Créée par le groupe de chocolatiers ivoiriens dénommé « Instant Chocolat », l'entreprise vise à transformer 10% de la récolte des planteurs de cacao organisés au sein d'une coopérative. D'une teneur de 75 % d'un cacao certifié, ce chocolat est destiné à la pâtisserie. Un produit local moins cher que le chocolat importé et plus profitable aux producteurs locaux.
En plus de transformer une bonne partie des récoltes en produit fini pour démocratiser le chocolat en Côte d'Ivoire, le projet vise également à rendre autonomes les femmes productrices de fèves en améliorant leur condition de vie et de travail. Ainsi, « Instant Chocolat » vise à employer 250.000 femmes issues des 2500 coopératives recensées en Côte d'Ivoire. C'est une masse salariale de 9 milliards Fcfa par an au bout de la 3ème année. Et ce dans un pays qui rappelons-le est leader mondial des producteurs de cacao avec production moyenne de 1,3 million de tonnes par an. Le projet qui est aujourd'hui en quête de financement pour atteindre ses objectifs, suscite déjà un vif intérêt chez de nombreuses femmes de Yamoussoukro. En attendant que les investisseurs suivent...
Khadim Mbaye
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