Le Burundi cherche de plus en plus à alléger le poids de sa dépendance vis-à-vis des financements extérieurs pour son développement. D'après un communiqué du conseil des ministres, tenu en session extraordinaire mercredi dernier, les membres du gouvernement du Burundi se sont penchés sur l'examen de deux projets de loi allant dans ce sens : un premier texte portant création du Fonds national de lutte contre le sida (FNLS) et un projet de loi portant création d'un compte pour les contributions de la population aux élections de 2020.
Bujumbura estime qu'il faut maintenir le niveau actuel des efforts en matière de lutte contre la maladie du sida, même si les financements extérieurs ne sont plus au rendez-vous. Et pour le gouvernement, le FNLS est plus qu'indispensable dans cette lutte. Philippe Nzobonariba, secrétaire général et porte-parole du gouvernement, en est d'ailleurs très convaincu. «Depuis l'apparition du sida au Burundi en 1983, le pays n'a cessé de déployer ses efforts pour lutter contre cette pandémie et des progrès très importants ont été enregistrés», a-t-il précisé.
D'après Nzobonariba, les performances déjà enregistrées dans ce domaine peinent à avancer au fur et à mesure que les ressources de financement dans cette lutte se font rares. «La mise en place du FNLS vise donc à pallier l'insuffisance des financements extérieurs et permettre aux acteurs intervenant dans la lutte contre le sida de continuer d'offrir des services de qualité à la population, via la contribution de l'Etat qui devrait passer de 5% à 50% en 2020, et s'inscrit ainsi dans les objectifs de développement durable afin d'éradiquer le VIH/SIDA en 2030», a déclaré le porte-parole du gouvernement burundais sur les ondes de la radio publique.
Toutefois, le Conseil des ministres n'a pas encore réellement adopté le projet de loi de la mise sur pied du FNLS. D'après le communiqué du gouvernement, l'avant-projet de sa création sera étudié de près durant un mois avant qu'il ne soit réacheminé au Conseil des ministres. Une démarche presque similaire qui sera appliquée au projet du compte ouvert pour les élections.
Le chef de l'Etat burundais, Pierre Nkurunziza, et son administration pensent que les financements extérieurs portent un coup à la souveraineté du pays. Ainsi, pour l'organisation des prochaines élections présidentielles, les autorités envisagent la création d'un compte ouvert aux contributions des Burundais.
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«L'indépendance et la souveraineté d'un peuple résident dans sa capacité à se mobiliser pour asseoir la démocratie en organisant des élections avec ses propres moyens », a-t-il poursuivi.
Selon le porte-parole de l'Exécutif, ce projet a été un des points importants évoqués lors du dialogue inter-burundais qui vient de se clôturer, des réunions du Forum des partis politiques et des autres fora où, a-t-il ajouté. «Tout le monde converge vers l'ouverture d'un compte pour les élections de 2020», a rapporté Nzobonariba.
Par ailleurs, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) du Burundi a elle aussi appuyé la proposition selon laquelle il fallait recourir à la contribution propre des Burundais pour organiser les élections de 2020 dans des conditions acceptables.
L'opposition à Pierre Nkurunziza ne partage pas l'avis du gouvernement. Opposant historique au régime, l'actuel Premier vice-président du parlement burundais, Agathon Rwasa, affiche son désaccord vis-à-vis de la création d'un compte pour les contributions de la population qu'il qualifie de «double imposition non acceptable».
Rwasa a expliqué que la loi budgétaire 2017 qui prévoit une provision de 6 milliards de BIF (franc burundais), soit un peu plus de 3 millions de dollars, pour les élections de 2020, n'a jamais été révisée. Le député propose donc la suspension de cette décision du gouvernement, si ce n'est son annulation.
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