Les énergies renouvelables sous la coupe de Bercy

 |   |  646  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : E. Rouy)
Adieu le super-ministère "vert" de Jean-Louis Borloo et sa place de n°2 dans le gouvernement : dans le cadre du remaniement, l'énergie et donc toutes les énergies renouvelables ont été retirées du ministère de l'Ecologie. Elles sont revenues au sein du ministère des Finances, confiées à un ministre délégué, Eric Besson, désormais "ministre chargé de l'Industrie, de l'Energie et de l'Economie numérique" auprès de Christine Lagarde à Bercy.

C'est une entorse au Pacte écologique de Nicolas Hulot, qui prévoyait la création d'un poste de Vice Premier ministre à l'écologie et que Nicolas Sarkozy avait signé en 2007, juste avant son élection à la Présidence de la République.
Le ministère de l'Ecologie, confié à Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a quand même l'avantage de bien connaître les dossiers puisqu'elle suit l'environnement depuis longtemps et a été secrétaire d'État chargée de l'Écologie au sein du gouvernement Fillon de juin 2007 à janvier 2009, n'a plus que le 4ème rang au sein du nouveau gouvernement Fillon. Son ministère perd aussi au passage l'aménagement du territoire mais garde les transports et le logement.
C'est peut-être une revanche personnelle pour "NKM" qui s'était opposée à Jean-Louis Borloo, alors son ministre de tutelle, notamment sur les OGM, mais c'est une évidente défaite pour le secteur du green business, puisque la logique du coût des énergies nouvelles risque bien de redevenir prioritaire sur celle du développement du secteur.
Jean-Louis Borloo avait conquis de haute lutte l'intégration de l'énergie à son ministère.

Inquiétude parmi les associations pro-environnement
C'est un mauvais coup juste au moment où les énergies nouvelles, en particulier le solaire, sont attaquées pour leur coût pour le contribuable et pour l'Etat et accusées d'être responsables de la hausse de l'électricité. D'où les baisses à répétition des tarifs aidés de l'électricité solaire cette année.
Dès dimanche soir, des ONG pro-environnement et des entreprises ont commencé à s'inquiéter. Ainsi le WWF et les associations membres de l'Alliance pour la Planète ont protesté dans un communiqué contre "le démantèlement du ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de la Mer (MEEDDM)".
"En cette veille de remaniement ministériel, nous exprimons notre plus vive inquiétude face au risque d'affaiblissement du ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de la Mer dans le prochain gouvernement. Nous demandons solennellement au Président de la République de renouveler le signal politique fort qu'il avait donné au lendemain de son élection en créant le « super-ministère » de l'Environnement. Ce ministère a en effet su donner une impulsion forte en matière environnementale", indique le WWF.
De son côté, le réseau Action Climat France estime que "le remaniement ministériel d'hier montre une nouvelle fois et à visage découvert que l'écologie est redevenue une préoccupation mineure du gouvernement".

Sunnco monte au créneau
L'inquiétude gagne aussi les entreprises. Lundi matin, le développeur solaire Sunnco a demandé l'ouverture de concertations avec le nouveau ministre chargé de l'Industrie. "Le groupe Sunnco, groupe moteur du photovoltaïque français, demande à monsieur Eric Besson, ministre chargé de l'Industrie, de l'Energie et de l'Economie numérique, de recevoir au plus vite la filière photovoltaïque française afin de définir des règles claires et pérennes pour le développement du marché photovoltaïque qui est aussi, doit on le rappeler, un secteur représentant un formidable potentiel de création d'emplois et d'exportation de savoir-faire", réclame le groupe.
"Il est indispensable qu'une concertation ait lieu avec le nouveau ministre, afin de donner de la visibilité à l'ensemble des acteurs de la filière photovoltaïque. Nous espérons qu'Eric Besson donnera les moyens et le cadre réglementaire au développement harmonieux de ce secteur en France afin que la France puisse se doter d'une filière photovoltaïque forte. Cela nous permettra d'être présents sur le marché international qui se développe très rapidement et fortement", conclut l'entreprise.
Outre le solaire, parmi les dossiers chauds d'Eric Besson figure également le lancement de l'appel d'offres éolien offshore, très attendu depuis plusieurs semaines.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :