Comment les agriculteurs concilient environnement et productivité

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Le machinisme agricole innove pour permettre aux exploitants de produire plus en dépensant moins, en recourant davantage à la technologie.

Utiliser moins de chimie, d'engrais, d'eau, d'énergie, d'espace... mais produire toujours plus pour nourrir une population en forte croissance et assurer la pérennité de leurs exploitations. C'est le dilemme auquel sont confrontés les agriculteurs, notamment les Européens, alors que la prochaine Politique agricole commune (PAC), qui se profile pour 2014, devrait accroître ces exigences environnementales. En France, le plan Ecophyto prévoit une division par deux des produits phytosanitaires (terminologie scientifique et politiquement correcte désignant les pesticides) d'ici à 2018, et le gouvernement souhaite que 50 % des exploitants soient certifiés HVE (haute valeur environnementale) en 2012.

Investissements et tracabilité

Pour répondre à ces exigences qui semblent contradictoires, les agriculteurs peuvent compter sur des solutions recourant largement aux technologies de l'information, présentées sur le Salon international du machinisme agricole (SIMA), qui se tient à Villepinte près de Paris du 20 au 24 février. Les tracteurs deviennent de véritables centrales de données, dont le prix peut atteindre les 150.000 euros. Un investissement rentable pour les entrepreneurs agricoles qui louent leurs services dans plusieurs exploitations, ou encore les Coopératives d'utilisation de matériel agricole (CUMA), une spécificité française.

Grâce à l'électronique embarquée, un repérage GPS permet de localiser les pivots d'irrigation inutiles ou mal placés (et donc à l'origine de gaspillages), une caméra placée à l'avant du tracteur repère les zones infestées de mauvaises herbes afin de déclencher le déploiement des rampes pour diffuser le désherbant là et seulement là où il est nécessaire... Globalement, les nouveaux systèmes d'information géographique permettent une utilisation plus ciblée de tous les intrants. En parallèle, de nouveaux insecticides sont développés à base de molécules moins nocives, et le désherbage mécanique progresse. Même la motorisation électrique pénètre le monde agricole, avec un tracteur électrique Fiat, présenté il y a deux ans au SIMA et encore en phase de tests.

Avec l'engouement pour une agriculture bio ou raisonnée et alors que l'affichage environnemental des produits devrait bientôt devenir obligatoire, l'exigence de traçabilité progresse fortement chez les consommateurs, relayée par l'industrie agroalimentaire. Désormais, une étiquette RFID (lisible à distance grâce à la technologie de radio-identification) permet de tracer le produit très en amont, depuis la parcelle même où il a été récolté.

Autonomie énergétique

Dans le même temps, la production d'énergies renouvelables progresse fortement au sein du monde agricole, avec en ligne de mire l'autonomie énergétique des exploitations. Outre le photovoltaïque sur les hangars, qui a remporté un franc succès ces dernières années, la biomasse et méthanisation commencent également à intéresser les exploitants car elles permettent de valoriser déchets et effluents.

Signe des temps, un système d'évaluation du potentiel de production d'énergie d'une exploitation par méthanisation figure parmi les innovations primées au SIMA 2011.

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