Incertitudes pour First Solar en France

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Alors qu'il vient d'être choisi aux Etats-Unis pour deux méga-centrales, l'américain First Solar voit arriver une année 2012 compliquée en France, comme la plupart de ses concurrents. Numéro un du marché aujourd'hui, tiendra-t-il le cap demain ? Entre les appels d'offres, l'avenir de son projet de Blanquefort et la guerre des prix, les incertitudes sont nombreuses.

"Après la livraison de gros projets en cours, la croissance du marché français en 2012 devra passer par les appels d'offres sur les centrales de grande taille. C'est un point d'interrogation pour First Solar", note Pascal Tirtiaux, responsable grands comptes en France & Benelux.
Sur son projet d'usine à Blanquefort (Gironde), suspendu pour une durée indéterminée, le groupe américain souffle le chaud et le froid. Une chose est néanmoins sûre : le terrain est loué par le groupe jusqu'à fin 2012, indique Pascal Tirtiaux, dans l'attente d'une visibilité sur le marché et le cadre réglementaire. Tout est donc possible, et l'entreprise souligne avoir déjà investi une dizaine de millions d'euros dans le développement du projet, sur un prévisionnel d'une centaine de millions.
Mais First Solar est en alerte. Le groupe affiche des contre-performances comme une partie bonne partie de l'industrie mondiale, et son PDG Rob Gillette a fait sa valise récemment. À côté de son projet industriel français (140 MW actualisés - 2 lignes de production), le groupe a aussi suspendu la construction d'une nouvelle usine au Vietnam de 280 MW, mais poursuit le développement de son usine de Mesa de 280 MW (Arizona, USA). Il disposera ainsi d'une force de frappe de 2,8 GW à fin 2012. "Le taux d'exploitation de nos usines est proche de 100%", précise Pascal Tirtiaux, qui affirme qu'aucune crise de surproduction ne touche First Solar.

EDF EN, client fidèle
Au niveau mondial, l'entreprise travaille étroitement avec un petit portefeuille de gros clients, une quinzaine d'acteurs environ, dont le français EDF Energies Nouvelles, client historique. Ce dernier souhaitait d'ailleurs s'engager durablement avec l'américain en France en achetant les dix premières années de production de l'usine de Blanquefort. EDF EN est le plus gros client français de First Solar.
First solar dispose d'un autre client direct dans l'Hexagone avec Séchilienne Sidec, qui travaille beaucoup sur les marchés d'outre-mer. D'autres clients indirects installent aussi du First Solar en France, notamment allemands (Gehrlicher Solar, Juwi Solar, Blitzstrom, Phoenix Solar, Conergy...).
Sur les projets supérieurs à 100 kW en France, soumis aux dispositifs d'appels d'offres, First Solar devra compter sur le succès de ses clients, et cela dans un marché borné par un corridor voulu par l'Etat de 750 MW sur... deux ans et demi. L'américain peut néanmoins compter sur la force de frappe d'EDF Energies Nouvelles pour espérer gagner une part du gâteau français à court et moyen terme.

Sérénité forcée sur le long terme
À long terme, et malgré les vents agités actuellement, First Solar affiche un certain pragmatisme, avec un discours d'ailleurs similaire à celui d'EDF EN : si un segment géographique ralentit temporairement, comme la France et l'Allemagne par exemple, le groupe essaie de rebondir ailleurs comme en Inde par exemple, où First Solar va enregistrer pour la première fois 10% de son chiffre d'affaires cette année, souligne Brandon Mitchener, directeur de la communication du groupe pour la zone EMEA.
Si les nuages cachent le soleil français en 2012, le beau temps reviendra plus tard : "La France est un marché favorable pour le photovoltaïque. Elle dispose d'une filière scientifique performante et en matière d'innovation, le pays est exemplaire. L'ensoleillement y est bien meilleur qu'en Allemagne et de nombreuses surfaces sont disponibles. Au sol, les terrains en attente de reconversion sont nombreux : anciennes bases militaires, anciennes carrières, friches le long des voies ferrées... Et le potentiel en toitures industrielles et commerciales est inexploité comparé à ce qui se fait en Belgique et en Allemagne. Cela fait beaucoup de conditions réunies", affirme Pascal Tirtiaux, pour minimiser le marasme qui sévit à court terme.

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