Prêt participatif : on vous dit tout
Alexandra Golovanow et Aurélien Brignone*
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Alexandra Golovanow et Aurélien Brignone*
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Le prêt participatif est un outil de financement hybride entre le prêt bancaire et une augmentation de capital. Selon le Code monétaire et financier, « les prêts participatifs sont, au regard de l'appréciation de la situation financière des entreprises qui en bénéficient, assimilés à des fonds propres ».
En réalité, il faut plutôt les assimiler à des « quasi-fonds propres » : ce ne sont pas des fonds propres, qui sont composés des capitaux propres et des résultats de l'entreprise, et qui constituent les ressources les plus durables. Néanmoins les prêts participatifs induisent une prise de risque supérieure à celle des banquiers. C'est en effet une créance de dernier rang lorsque l'entreprise est en difficulté : il est remboursé après les autres créances (dans l'ordre : salaires, administrations, fournisseurs, banquiers). En cas de faillite, il est donc très peu probable qu'il soit remboursé d'autant qu'il n'est pas garanti, ni par la société qui le reçoit, ni par un engagement des associés ou des dirigeants.
Cette prise de risque se traduit généralement par un taux d'intérêts facialement plus élevé que le taux du crédit bancaire, d'autant qu'au taux de base se rajoute souvent une rémunération complémentaire « participative » indexée sur les performances de l'entreprise. Toutefois, du point de vue du financeur, ces taux ne rémunèrent pas le risque pris : un investisseur en capital (en fonds propres donc) espère revendre ses parts avec une importante plus-value.
Quasi-fonds propres de par sa position dans le bilan, le prêt participatif renforce la structure financière de l'entreprise et doit permettre un effet de levier sur la dette. Il n'en reste pas moins un prêt qu'il faut rembourser selon un échéancier défini dans le contrat. Il impacte donc la capacité de remboursement de l'entreprise.
De ce fait, la plupart des banquiers, lorsqu'ils analysent la situation de l'emprunteur, même s'ils seront remboursés en priorité en cas de défaillance, le considèrent comme un crédit parmi les autres.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Alexandra Golovanow et Aurélien Brignone*