Immobilier : Toulouse doit-elle construire uniquement pour les investisseurs ?

Béatrice Girard
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80 %. À Toulouse, ce chiffre ne laisse personne indifférent. Il s'agit du pourcentage de logements neufs vendus à des investisseurs (67 %) et en bloc (13 %) dans cette ville, selon les derniers chiffres de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). Une tendance qui n'a cessé de s'accentuer ces dernières années et qui se poursuit en 2016. Ce chiffre interpelle forcément, quand on sait que les investisseurs achètent prioritairement des petites surfaces alors que, dans le même temps, les Néo-Toulousains qui s'installent en famille sont à l'affût de
grandes surfaces pour se loger.
"Nous avons vendu l'année dernière 44 % de T1 et T2 neufs dans l'aire urbaine et 56 % de T3, T4 et T5", nuance Patrick Saint-Agne, le président régional de la FPI, qui souligne le retour des acheteurs accédants sur le marché et l'importance de continuer à proposer une offre pour les familles monoparentales à la recherche de petites surfaces. "Aujourd'hui, ces familles monoparentales représentent 60 % des foyers toulousains. Elles ont aussi besoin de se loger, mais disposent rarement d'un budget pour un T4 ou un T5", pointe-t-il.
"À Toulouse, nous construisons beaucoup de T2 et de T3 justement pour loger ces nouveaux
arrivants", argumente de son côté Jacques Rubio chez Kaufman & Broad. Le promoteur,
qui compte actuellement 31 opérations en cours dans l'agglomération toulousaine, décrit dans son portefeuille 70 % d'investisseurs dont 20 % d'institutionnels (banques, SCI, fonds de pension) et 30 % d'accédants. Dans la ZAC de Toulouse Aerospace, quartier Montaudran, le fonds d'investissement Oaktree Capital a par exemple investi 40 millions d'euros dans la résidence étudiante de 485 logements construite par le promoteur. Parmi les arguments qui séduisent ce type d'investisseurs, la rentabilité, qui oscille entre 4 et 6,5 % dans les programmes de logements. "Mais nous continuons de développer tous les segments de logements dans notre production et, selon le type de programme, la part d'accédants peut être bien plus élevée", assure Jacques Rubio. C'est le cas, en effet, dans les programmes situés en périphérie, qui garantissent des tarifs plus abordables.
Béatrice Girard
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