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Infrastructures - La Tribune Bordeaux

TER Aquitaine : les usagers tirent le signal d'alarme de la SNCF

Photo de Pascal Rabiller

Pascal Rabiller

Publié le 27 janvier 2015 à 13:36 - Mis à jour le 27 janvier 2015 à 14:55

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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En réponse aux chiffres annonçant du mieux dans les taux de régularité des transports express régionaux, présentés par la SNCF, la Fédération nationale des associations des usagers des transports (Fnaut) Aquitaine ne distribue pas de "bons points".

Confrontée à des retards de livraison de rames nouvelles de la part des constructeurs Alstom et Bombardier, la SNCF, qui exploite les lignes TER de la région pour le compte du Conseil régional d'Aquitaine, n'a pas une mission facile. En sous-effectif de matériel (elle doit louer des rames à d'autres régions) et confrontée à un matériel vieillissant, la SNCF ne peut que constater qu'elle est en retard, elle aussi, sur les objectifs de régularité imposés par son client, le Conseil régional.

Là où la collectivité, qui a consacré plus de 400 M€ depuis 2002 à l'amélioration de l'accueil (12 gares et 7 haltes rénovées) et au transport des usagers (155 M€ pour acheter 22 Régiolis, 235 M€ pour 24 Regio 2N), demandait un taux de régularité à 91 %, la SNCF ne peut pas faire mieux que 88,9 % à moins de 5 minutes de retard et à 93,7 % à moins de 10 minutes de retard.

Les suppressions de trains non comptabilisées

"En vérité, la SNCF fait encore moins bien que cela" assure Christian Broucaret, président de la Fnaut Aquitaine.

"D'abord, leurs taux ne tiennent pas compte des annulations pures et simples des trains (sur le site du Conseil régional, le taux d'annulation des trains s'élève, en 2014, à 1,8 % du volume de trains, soit 326 suppressions sur 17.779 parcours - NDLR). Les taux ne tiennent pas compte des retards de 5 ou 10 mn, mais des retards excédants 5 mn 59 s ou de 10 mn 59 s. Croyez moi, l'écart peut sembler anodin, voire subtil, mais quand à quelques secondes près vous ratez une correspondance, ça ne l'est pas pour les 35.000 voyageurs empruntant chaque jour les TER de la région !"

Reconnaissant néanmoins la bonne volonté d'Alain Petitpoisson, directeur du TER Aquitaine, "qui est accessible et qui veut faire bouger les lignes", les représentants des associations d'usagers comme Christian Broucaret ou Philippe Straehli (collectif Teresa - ligne Mont-de-Marsan - Hendaye) pointent du doigt les retards de livraison des nouvelles lignes, "là où on attendait 22 rames de Régiolis, on en aura entre 10 et 14 en 2015, et là où l'on attendait 24 Regio 2N, il faudra au mieux compter sur 9 rames en fin d'année."

Des retards de livraison et donc de mise en service qui pénalisent l'opérateur comme l'usager...

Les usagers préfèrent-ils le covoiturage ?

"Nous estimons que si la SNCF subit ces retards, elle ne se met pas pour autant en condition d'optimiser son service, ses méthodes d'exploitation sont datées" juge Christian Broucaret de la Fnaut qui pointe également  du doigt les défauts de communication d'informations aux usagers lors des pannes, ou incidents entraînant des arrêts de train.

"Nous préférerions de très loin la vérité, plutôt que le flou. La vérité sur une cause d'arrêt et sur un délai avant redémarrage permet aux usagers de s'organiser. S'ils sont arrêtés en gare, ils peuvent choisir une solution de covoiturage par exemple et limiter de fait leur retard. Il n'est pas normal que les usagers aient souvent plus d'informations que les contrôleurs... pourtant équipés de smartphones payés par la Région !"

À lire également

  • Aquitaine Poitou-Charentes : la SNCF prépare 2017

Pour conclure, Christian Broucaret estime que si la fréquentation des TER, après un beau développement depuis 2002 (+ 40 %), marque désormais le pas (recul depuis deux ans, - 1 % en 2014), la crise économique et les grèves n'expliquent pas tout.

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"Je pense sincèrement que beaucoup d'usagers ont perdu la confiance en la SNCF de les amener, à l'heure, vers leurs lieux d'étude et de travail. Ils se reportent ainsi sur le covoiturage, il n'y a qu'à voir le succès des aires de covoiturage ouvertes et le succès de BlaBlaCar... La SNCF doit se remettre en cause, le service est moins bon aujourd'hui qu'il y a dix ans... C'est aussi pour cela que nous, Fnaut, sommes d'ailleurs largement pour l'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire."

Pascal Rabiller

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