TER Aquitaine : les usagers tirent le signal d'alarme de la SNCF

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Confrontée à des retards de livraison de rames nouvelles de la part des constructeurs Alstom et Bombardier, la SNCF, qui exploite les lignes TER de la région pour le compte du Conseil régional d'Aquitaine, n'a pas une mission facile. En sous-effectif de matériel (elle doit louer des rames à d'autres régions) et confrontée à un matériel vieillissant, la SNCF ne peut que constater qu'elle est en retard, elle aussi, sur les objectifs de régularité imposés par son client, le Conseil régional.
Là où la collectivité, qui a consacré plus de 400 M€ depuis 2002 à l'amélioration de l'accueil (12 gares et 7 haltes rénovées) et au transport des usagers (155 M€ pour acheter 22 Régiolis, 235 M€ pour 24 Regio 2N), demandait un taux de régularité à 91 %, la SNCF ne peut pas faire mieux que 88,9 % à moins de 5 minutes de retard et à 93,7 % à moins de 10 minutes de retard.
"En vérité, la SNCF fait encore moins bien que cela" assure Christian Broucaret, président de la Fnaut Aquitaine.
Reconnaissant néanmoins la bonne volonté d'Alain Petitpoisson, directeur du TER Aquitaine, "qui est accessible et qui veut faire bouger les lignes", les représentants des associations d'usagers comme Christian Broucaret ou Philippe Straehli (collectif Teresa - ligne Mont-de-Marsan - Hendaye) pointent du doigt les retards de livraison des nouvelles lignes, "là où on attendait 22 rames de Régiolis, on en aura entre 10 et 14 en 2015, et là où l'on attendait 24 Regio 2N, il faudra au mieux compter sur 9 rames en fin d'année."
Des retards de livraison et donc de mise en service qui pénalisent l'opérateur comme l'usager...
"Nous estimons que si la SNCF subit ces retards, elle ne se met pas pour autant en condition d'optimiser son service, ses méthodes d'exploitation sont datées" juge Christian Broucaret de la Fnaut qui pointe également du doigt les défauts de communication d'informations aux usagers lors des pannes, ou incidents entraînant des arrêts de train.
À lire également
Pour conclure, Christian Broucaret estime que si la fréquentation des TER, après un beau développement depuis 2002 (+ 40 %), marque désormais le pas (recul depuis deux ans, - 1 % en 2014), la crise économique et les grèves n'expliquent pas tout.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Pascal Rabiller