Stationnement : ces horodateurs et amendes qui nous veulent du bien

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Nicolas Andreotti, directeur de la Police municipale de Bordeaux, n'est pas du genre à donner des leçons. Il reconnaît même, comme tout citoyen, son lot d'amendes pour non paiement, ou dépassement de stationnement autorisé. Mais il est aussi persuadé que le développement du stationnement payant constitue un outil idéal d'amélioration de la mobilité urbaine. Mieux, il assure que la future mise en place (au 1er octobre 2016 normalement) de la dépénalisation du stationnement payant va constituer une "révolution" dans l'approche politique et citoyenne en matière d'utilisation des transports et de fluidité des circulations urbaines.
Les chiffres peuvent lui donner raison. Entre 1993 et 2013, le parc automobile a doublé en France. Dans les villes le nombre de rues et donc de places de stationnement ne progresse pas, lui. Le stationnement payant semble l'unique solution capable d'endiguer le phénomène d'engorgement automobile des villes.
Dans les pays où la dépénalisation est passée, comme en Espagne par exemple, il apparaît que le circuit financier du stationnement payant de surface semble plus vertueux tant au niveau du paiement spontané à l'horodateur qu'au niveau du recouvrement des amendes forfaitaires ; mais, avant tout, c'est dans les enjeux de report modal qu'il s'avère souvent plus efficace, au moins dans un premier temps.
Reste que, financièrement, l'affaire sera plus intéressante pour l'Etat et les collectivités.
Le Gart, Groupement des autorités responsables de transport, en s'appuyant sur les chiffres des rapports Bolliet, Nègre et ceux du Certu (Centre des études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme et les constructions publiques) estime que pour l'Etat, la dépénalisation pourrait rapporter 106 M€ rien qu'en TVA sur la redevance au réel, soit beaucoup plus que le système actuel de traitement des 183 M€ d'amendes de stationnement qui, lui, génère seulement un solde financier de 14 M€ par an (183 M€ de gain - 169 M€ de coût de gestion des amendes).
Pour les collectivités, toujours selon le Gart, après des surcouts liés au renforcement des contrôles et de recouvrement, le report modal et des comportements plus vertueux pourraient "permettre de générer des marges financières".
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Bref, si le calendrier de la dépénalisation des amendes n'est pas forcément compatible avec certaines échéances électorales, il semble bien qu'il relève, à condition de bien expliquer, et d'oser faire face aux inquiétudes voire à l'opposition des citoyens, d'un certain bon sens économique et environnemental. Alors, convaincus, les usagers de la ville ?
Pascal Rabiller