« Anti-bassines » : la préfecture des Deux-Sèvres s'oppose aux manifestations prévues fin mars
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Abaca Press via Reuters
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La préfète Emmanuelle Dubée dit avoir notifié « son intention » d'interdire les manifestations aux organisateurs : le collectif Bassines Non Merci, le mouvement des Soulèvements de la Terre et le syndicat Confédération paysanne. Après une manifestation de plusieurs milliers de personnes à Sainte-Soline fin octobre, les opposants avaient annoncé un nouveau rassemblement au printemps.
Ils ont précisé jeudi soir qu'une manifestation aurait lieu samedi 25 mars au matin à Sainte-Soline, où une retenue est en construction, et/ou Mauzé-sur-le-Mignon, où une réserve fonctionne déjà, en appelant « un maximum de monde » à converger vers les Deux-Sèvres et « à ne pas se laisser décourager par de quelconques interdictions préfectorales ».
La préfecture justifie sa volonté d'interdire les manifestations « par les antécédents de graves troubles à l'ordre public constatés à l'occasion des précédentes manifestations ayant entrainé des actes violents à l'encontre des forces de l'ordre et des actes de sabotage sur les installations agricoles ».
De premières manifestations avaient eu lieu dans le département à l'automne 2021, puis au printemps 2022, avant celle de fin octobre, pour laquelle les autorités avaient mobilisé quelque 1.500 gendarmes pour protéger le chantier de Sainte-Soline. Ce rassemblement avait donné lieu à des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants. Cinq d'entre eux ont été poursuivis pour « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences » et condamnés à des peines de deux à trois mois de prison avec sursis.
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Les retenues d'eau, dites « bassines » de Mauzé-sur-le-Mignon et Sainte-Soline font partie d'un ensemble de 16 retenues de plusieurs centaines de milliers de m3 qui doivent voir le jour dans les Deux-Sèvres. Élaboré par un groupement de 400 agriculteurs avec le soutien de l'État, ce projet vise à rendre disponible de l'eau pour l'irrigation durant l'été, grâce au pompage des nappes phréatiques superficielles en hiver. Ses détracteurs dénoncent un « accaparement de l'eau destiné à l'agro-industrie », tandis que la sécheresse hivernale a ravivé le débat autour des usages de l'eau.
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