La forêt des Landes est pour l'instant épargnée par les flammes cet été mais les départs de feux successifs sur une centrale photovoltaïque de Gironde attisent les accusations. Si l'implantation de parcs solaires en milieu forestier augmente le risque selon certains, les gestionnaires s'en défendent et disent agir pour la prévention des incendies. Tout en reconnaissant que la réglementation pourrait aller plus loin.Éviter de revivre les ravages de l'été 2022, coûte que coûte. C'est en somme le mot d'ordre général depuis presque un an suite aux incendies qui ont réduit en cendres plus de 30.000 hectares de forêt en Gironde. Alors, forcément, quand une centrale photovoltaïque de la forêt médocaine connaît son cinquième départ de feu en quelques mois, il y a de quoi être crispé. Sur la commune de Sainte-Hélène, au sud du Médoc, le maire vient de suspendre l'exploitation d'un parc photovoltaïque d'une quarantaine d'hectares après un nouveau départ de feu, maîtrisé par les pompiers, le 27 juillet.
« Ce sont des problèmes techniques qui mettent feu à la végétation sous les panneaux. Après plusieurs courriers pour mettre en demeure l'exploitant, j'ai décidé de fermer le parc le temps qu'il nous apporte des garanties de bon fonctionnement », explique à La Tribune le maire de Sainte-Hélène, Lionel Montillaud. L'élu, éprouvé par les feux qui ont touché sa commune en septembre dernier, se veut ferme et met en cause l'entretien technique de l'infrastructure. D'autant que sur les quatre parcs photovoltaïques de Sainte-Hélène, seul celui exploité par Le Bétout Énergies connaît des dysfonctionnements. La société n'a pas répondu à nos sollicitations.
Parcs à risques ou parcs coupes-feux ?
En comptant ce parc défaillant, le directeur de la DFCI Aquitaine relève une dizaine de départs de feux dans des installations photovoltaïques en milieu forestier cette année. Et dit observer une recrudescence des cas dans la région. « Sur les dernières années, on voit que les parcs photovoltaïques peuvent générer des départs de feux. On l'a vu sur Sainte-Hélène mais aussi dans les Landes. Force est de constater que les engagements réglementaires de débroussaillement ne sont pas respectés », s'agace Pierre Macé. Un entretien qui est pourtant assuré de façon satisfaisante sur sa commune selon le maire médocain.
Les obligations légales de débroussaillement (OLD) imposent aux gestionnaires de limiter la végétation sur une bande de 50 mètres de large autour de la clôture des parcs. La DFCI préconise en sus d'effectuer un débroussaillage régulier sous les panneaux solaires mais aussi de veiller à l'accessibilité des points d'eaux et pistes réservées aux forces d'intervention contre les incendies.