Habitat participatif : quand les voisins coopèrent

Jean-Philippe Dejean

Jean-Philippe Dejean
L'accord signé fin 2014 à Bordeaux-Lac par Bernard Blanc, directeur général d'Aquitanis, Office public de l'habitat de Bordeaux Métropole (107,6 M€ de chiffre d'affaires, 17.588 logements), également PDG de la coopérative Axanis, et Bertrand Bourrus, président du Comité ouvrier du logement (Col) 64, société coopérative d'intérêt collectif HLM, à Anglet, apporte un nouvel élan à l'habitat participatif en Aquitaine.
Porté par les expériences pionnières de la fin des années 1940, avec en premier lieu la cité des Castors à Pessac (33), l'habitat participatif a depuis évolué tout en conservant un profil rigoureusement atypique, qui renverse l'ordre canonique de la production de logements. Au lieu de rechercher d'abord du foncier pour construire, l'habitat participatif se concentre ainsi en priorité sur la quête d'hommes et de femmes prêts à vivre ensemble, dans une forme de collectivité qui semblait avoir disparue depuis des lustres.
Axanis est notamment à l'origine du projet La Ruche, à Bègles (33), qui compte 11 logements répartis dans deux bâtiments, avec une salle mutualisée et des jardins communs. Qu'ils soient destinés à devenir locataires ou accédants aidés à la propriété, les futurs habitants, s'ils ne construisent pas, participent à la conception de leurs logements aux côtés des architectes. Choix des matériaux, du nombre de pièces, espaces communs (buanderie ou studio par exemple) : tous les éléments clés du projet sont passés au crible par ces néo-coopérateurs de l'habitat, pour qu'ils puissent s'approprier les lieux.
"Il n'y a pas d'équipe pré-constituée, nous veillons à ce que les futurs habitants forment des groupes hétérogènes, qu'il y ait un mélange par exemple entre des jeunes et des personnes seules, il faut faire confiance à l'intelligence collective. Avec Axanis, nous allons nous nourrir de nos expériences", observe Bertrand Bourrus.
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Pour autant, cette démarche novatrice doit rester dans les clous de l'habitat social. "Il ne faut pas que ça soit trop cher, l'objectif est quasiment d'avoir un logement sur mesure à un coût socialement acceptable", confirme Imed Robbana, directeur général du Col 64 (près de 6.000 familles logées).
A Bayonne, la coopérative développe un projet de 46 logements en habitat participatif, baptisé Terra arte, dont les futurs habitants viennent d'achever la conception, aux côtés d'un architecte et d'un médiateur. Avec l'habitat participatif, ces professionnels de l'habitat social doivent s'adapter à des contraintes plus lourdes.
Une contrainte qui renforce encore, si besoin était, la nécessité du rapprochement entre les deux coopératives.
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