LpDCLICK crée un kit de détection de la légionellose
Carole Payrau
Carole Payrau
Elle se crée prochainement et recherche des fonds. 1,1 M€, pour être exact. La start-up marseillaise LpDCLICK, va voir le jour sous la houlette de Sam Dukan, directeur de recherche au CNRS à l'Institut de microbiologie de la Méditerranée. La particularité de cette entreprise à naître ? Développer des kits de détection d'une bactérie nommée Legionella pneumophila.
Le kit de détection développé par LpDCLICK, considéré comme une rupture technologique, détecte et dénombre ainsi les bactéries incriminées, ce dans un laps de temps bien plus court que ne le permettent les méthodes traditionnelles : 2 jours seulement, au lieu de 10. Le kit est par ailleurs portatif et s'utilise sur le terrain. Nul besoin donc de faire appel à un laboratoire.
Autocontrôle qui permet de mieux gérer le risque en amont, et de réduire de ce fait les pertes d'exploitation.
Mais quels sont concrètement les fondamentaux de cette technologie, protégée par plusieurs brevets ? Elle a pour principe l'assimilation naturelle, par les microorganismes cultivables, de molécules munies d'un "hameçon". Points d'ancrage permettant d'y "accrocher" une autre molécule, dont on détermine la propriété. Ce peut être des marqueurs fluorescents, détectant et dénombrant les bactéries, ou encore des billes magnétiques permettant de concentrer et d'isoler ces dernières...
Une effervescence compréhensible. Il faut savoir que Legionella pneumophila cristallise autour de ses méfaits de multiples enjeux. De santé publique tout d'abord, puisque l'on compte plus de 5 600 cas de légionellose par an en Europe. Un des exemples les plus marquants étant celui de l'entreprise Noroxo, condamnée en 2014 pour ne pas avoir respecté la réglementation en vigueur. Une position qui avait coûté la vie à 14 salariés. C'est loin d'être un cas à part : les épidémies sont légion, dans les entreprises et les ERP (établissements recevant du public), comme l'on peut le constater à l'issue d'une simple recherche sur internet à partir du mot clé "légionellose".
La contamination à cette bactérie représente aussi un enjeu d'ordre économique. Les entreprises contraintes de fermer 10 à 15 jours pour contrôler et désinfecter leurs locaux en savent quelque chose. Outre les ERP, les bâtiments industriels peuvent également être concernés par la question, dès lors qu'ils utilisent des tours aéroréfrigérantes.
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Par ailleurs, les sous-traitants gérant les systèmes d'eau chaude pour le compte d'entreprises industrielles peuvent être intéressées par cette nouvelle solution, à même d'améliorer leur offre de service et de mieux contrôler le risque. Il y a donc une vraie attente du monde économique. Les perspectives de développement sont fortes, "sur un marché estimé à 500 millions d'euros", précise Sam Dukan, qui projette, d'ici 5 ans, un chiffre d'affaires compris entre 5 et 10 M€.
Du reste, les grands groupes intéressés n'ont pas tardé à se faire connaître auprès de la start-up marseillaise.
Il projette de négocier le même type d'accord avec d'autres grands comptes, sur d'autres segments de marché. "Mais pour cela, il faut du cash, afin de développer cette technologie". C'est l'objet de l'actuelle levée de fonds : passer du prototypage à une première phase de production de 500 kits. La commercialisation débutera fin 2018, annonce l'entrepreneur, qui, après avoir consulté une dizaine de fonds d'investissements, a préféré opter pour une plateforme de crowdfunding. Il en a approché trois, et devrait signer très prochainement avec l'heureuse élue. Avant de se consacrer, à l'horizon 2020, à la conception de nouveaux kits d'analyse microbiologique dans le domaine de l'agro-alimentaire et du diagnostic in vitro. Domaines qui verraient la création, pour chacun d'eux, d'une nouvelle start-up.
Carole Payrau