Dans le Sud, l’enherbement comme solution face au changement climatique
Maëva Gardet-Pizzo
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Sur le versant sud de la Sainte Victoire, non loin d'Aix-en-Provence, cela fait un moment déjà que des plantes ont droit de cité entre les rangées de vignes. « Au-delà de promouvoir nos vins et de grouper les achats, l'association des vignerons de la Sainte-Victoire [qui représente 400 vignerons sur une surface totale de 4 000 hectares] accompagne les agriculteurs vers des techniques agronomiques plus respectueuses de l'environnement. 53 % de nos vignerons sont en bio. Et l'enherbement fait partie des choses que nous défendons », assure Jean-Jacques Balikian qui dirige l'association.
« L'enherbement a de nombreux avantages », poursuit-il. « Avoir un couvert végétal permet, grâce au système racinaire, de mieux absorber l'air, l'eau... On a moins de ruissellement, d'érosion, d'asphyxie des sols... ». Des enjeux majeurs alors que les pluies sont plus intenses et les sécheresses plus virulentes sous l'effet du réchauffement climatique. « Dans notre couvert végétal, nous privilégions également des légumineuses qui fixent l'azote dans le sol ». De quoi limiter le recours aux engrais chimiques. Puis ces plantes, une fois leur cycle de vie achevé, sont légèrement enfouies dans la terre, devenant un engrais vert source de matière organique pour le sol. Le couvert végétal favorise aussi la biodiversité : préservant la vie tant au niveau macro que microscopique. Et participe à résister à certaines maladies comme le mildiou. « Avec le couvert végétal, nous avons des cultures qui résistent mieux aux effets du réchauffement climatique, qui s'en remettent davantage. Et il est urgent de s'y adapter. L'an dernier par exemple, nous avons perdu 50 % de notre récolte à cause d'un gel tardif »
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Mais si les effets de l'enherbement semblent palpables pour ceux qui le pratiquent, reste à les vérifier de manière scientifique. C'est là l'un des intérêts du projet Intervignes, initié par GRDF. Un projet qui a pour ambition de valoriser ce type de pratiques en utilisant ce couver t végétal pour fabriquer du gaz renouvelable. « GRDF a pour objectif d'atteindre 100% de gaz renouvelable d'ici 2050, 20% en 2030 », expose Cédric Jolivet, chef de projet nouveaux gaz en région Sud pour le distributeur de gaz. Et pour y parvenir, la méthanisation est un levier important, avec pour enjeux d'accroître et diversifier les intrants. Les couverts végétaux des vignes, ainsi que les effluents viticoles, faisant partie de ceux qui intéressent particulièrement le groupe. Une expérimentation démarrée en 2021 à Gaillac, en Occitanie, et présente désormais sur deux nouveaux territoires, dans la Sainte-Victoire et au Mont-Ventoux.
Maëva Gardet-Pizzo