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Innovation - La Tribune Bordeaux

Poietis lance une nouvelle plateforme de bio-impression et lève des fonds

Photo de Céline Lanusse

Céline Lanusse

Publié le 19 mai 2017 à 11:25 - Mis à jour le 19 mai 2017 à 13:12

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Poietis, leader des solutions de bio-impression 4D, lance une nouvelle plateforme dédiée aux applications industrielles dans la cosmétique et les laboratoires pharmaceutiques ainsi qu’à la R&D pour la médecine régénérative. Forte de cette innovation, la société girondine prépare une levée de fonds de 4 à 6 M€ pour la fin de l’année et va recruter.

Poietis vient de finaliser une plateforme qui comprend différents outils dont un nouveau système de bio-impression à la cellule unique, permettant de concevoir et de fabriquer des tissus biologiques en maîtrisant à la fois la résolution (la capacité à imprimer cellule par cellule) et la précision de l'impression (la capacité à positionner très précisément la cellule dans un environnement 3D). Il s'agit de l'un des principaux développements en interne depuis la création de la société, développement qui aura demandé deux ans de travail.
La société créée il y a trois ans à Pessac est déjà leader sur l'impression 4D, qui lui permet d'ajouter la  dimension de temps incontournable pour le vivant.

"La grosse différence par rapport à l'impression 3D, c'est que notre matière première est vivante donc quand elle vient juste d'être imprimée, il ne s'agit pas d'un produit fini, car les cellules interagissent entre elles", explique Bruno Brisson, cofondateur et directeur général de Poietis. "Il y a une phase de maturation nécessaire aux cellules pour reconstruire un tissu fonctionnel. Ces problématiques sont typiques du vivant et nous travaillons beaucoup sur cette phase de maturation, l'idée étant de  contrôler que les tissus évoluent comme nous l'avons anticipé dès leur conception. Cela devient de plus en plus primordial, au fur et à mesure que l'on s'approche du patient. Tout cela représentant un socle pour aller vers les applications précliniques et cliniques. Le deuxième avantage de la 4D c'est la très haute résolution. C'est aussi l'une des raisons pour lesquelles L'Oréal est venu nous voir."

Lire aussi : Bio-imprimer des cheveux, le nouveau défi de Poietis et L'Oréal

Avec BASF, Poietis travaille sur la peau, la première collaboration ayant  fait l'objet, fin novembre à Orlando lors d'un congrès mondial dédié à la cosmétique, d'une communication de BASF sur la production d'un tissu bio-imprimé fonctionnel.

Nouveaux horizons

Avec cette nouvelle plate-forme qui comprend un logiciel de CAO, une imprimante industrielle de bio-impression et un système de suivi de la phase de maturation pour contrôler et valider la conformité des tissu bio-imprimés, la société s'ouvre de nouveaux horizons.

"Cela va nous permettre de produire des échantillons de peau bio-imprimée pour des laboratoires cosmétiques (pour des tests de nouveaux ingrédients) ou pharmaceutiques (afin d'évaluer des candidats médicaments) et permettre à ces sociétés de tester des mécanismes d'actions ou les activités de molécules. Nous allons également permettre à nos clients de démarrer des projets de développements à visées cliniques, pour la peau dans un premier temps, c'est-à-dire de développer des tissus pouvant être implantés un jour chez des patients. Des discussions sont aussi en cours avec des partenaires potentiels pour d'autres tissus.""La mission de Poietis est de proposer aux patients et aux cliniciens des thérapies de médecine régénératrice basées sur l'utilisation de la bio-impression par laser. Nous répondons aux trois principaux défis de la bio-impression : la standardisation des procédés de fabrication pour garantir la fiabilité et la reproductibilité des tissus bio-imprimés, le contrôle de la morphogenèse des tissus ainsi que la fabrication de tissus complexes. Aujourd'hui, avec la bio-impression à la cellule unique, nous introduisons un changement de paradigme où la fabrication des tissus devient cytocentrique, ce qui veut dire non plus conditionnée par les limites des spécifications techniques des bio-imprimantes mais guidée par la biologie et la nécessité de contrôler l'environnement des cellules à l'échelle cellulaire", explique Fabien Guillemot, cofondateur, président et directeur scientifique de Poietis.

Forte croissance

La société qui a enregistré en 2015 un chiffre d'affaires de 127.000 €, pour atteindre 360.000 € l'an dernier, table sur une nouvelle progression conséquente, entre 500.000 et 1 M€ pour cette année. Constituée de 22 personnes actuellement, l'équipe va se renforcer pour porter cette croissance. Des recrutements qui seront aussi fonction de la levée de fonds en cours de préparation, certainement finalisée avant la fin de l'année. Poietis espère lever entre 4 et 6 millions d'euros auprès de fonds d'investissements spécialisés dans les biotechs, montant qui sera fonction des aides publiques et des demandes de subventions déposées aux niveaux français et européen.
Les recrutements viendront renforcer prioritairement le développement technologique de l'entreprise, avec des profils aux compétences en électronique, en développement soft, en biologie pour le pôle applicatif vers d'autres tissus et enfin pour le support réglementaire, permettant à la société d'aller vers les projets cliniques évoqués précédemment. Ce qui devrait représenter pour l'année en cours 5 à 6 recrutements.

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Avec cette nouvelle étape, la société se renforce sur un marché qui compte 40 à 50 sociétés dans le monde travaillant sur la bio-impression. "Mais nous sommes les seuls sur cette technologie assistée par laser, même si cela bouge très vite", concède Bruno Brisson, citant deux concurrents sérieux aux Etats-Unis et au Japon.

Céline Lanusse

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