Emballages : Packitoo mise sur le numérique pour connecter marques et fabricants

Pierre Cheminade

Packitoo
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Packitoo
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Avec son nom, Packitoo affiche son ambition de s'appuyer sur son ancrage local palois pour se déployer sur le marché mondial de l'emballage. Un secteur qui pèse pas moins de 500 Md € dans le monde dont 23 Md € en France (*). "La particularité de ce marché BtoB est qu'il est particulièrement atomisé tout en nécessitant une forte technicité sur les procédés mis en œuvre", observe Thomas Othax, le directeur général et cofondateur de Packitoo. Doté d'expériences au sein de deux entreprises agro-alimentaires fortes consommatrices d'emballage, il s'est associé à Corinne Parra-Loustalet, et ses 20 années d'expertise dans le secteur de l'emballage, pour créer Packitoo. Il ne manquait que la rencontre avec Raphaël Audet, le futur directeur technique, pour mettre officiellement l'entreprise sur les rails en juillet 2017, à Pau.
Son cœur de métier : la mise en relation, via une plateforme web, des entreprises cherchant un packaging sur mesure pour leurs produits et des fabricants d'emballages cherchant des clients correspondant à leurs capacités et savoir-faire. "On inverse la logique du catalogue en partant du produit et des besoins spécifiques de la marque. C'est sur cette demande sur-mesure que nos fabricants partenaires se positionnent", fait valoir Thomas Othax qui promet des gains de temps et de coûts tant pour les marques que pour les industriels de l'emballage.
De leur côté, les industriels cherchent à remplir leur carnets de commandes en identifiant des débouchés qui correspondent à leur capacité de production à un instant T en termes de délais, de coûts et de services complémentaires (stockage, livraison, etc.).
Tout l'enjeu de Packitoo est donc de faire coïncider l'offre et la demande et de diminuer les délais. "Nous avons des experts en interne pour conseiller les entreprises en amont du dépôt de leur demande et affiner l'énonciation de leurs besoins", précise Thomas Othax. Ensuite, les 150 fabricants référencés actuellement chez Packitoo (90 % d'européens et 10 % d'asiatiques) peuvent se positionner et envoyer leur devis. Chaque demande peut recevoir jusqu'à 5 devis maximum.
Depuis l'été 2017, la startup paloise revendique 70 clients et 200 projets déposés pour un millier de devis envoyés et 40 affaires déjà conclues. De quoi générer 500.000 € de chiffre d'affaires pour la vingtaine de fabricants retenus.
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Pour Packitoo cela devrait représenter 70.000 € de chiffre d'affaires facturé entre l'été 2017 et la fin mars. La jeune pousse espère atteindre, dès cette années, le millier de projets déposés pour dépasser la barre des 200.000 € de chiffre d'affaires avant de viser 500.000 € en 2019. "Les premiers mois d'activité nous confortent dans nos ambitions puisque, depuis le 1er janvier, le trafic sur notre plateforme croît de 100 %. D'autant, qu'il faut compter en général plusieurs mois entre le dépôt de son projet par une entreprise et la livraison du produit fini. Nous ne nous rémunérons qu'ensuite", détaille Thomas Othax.
Le modèle économique de l'entreprise est fondé, d'une part, sur des abonnements acquittés par les industriels de l'emballage pour figurer sur la plateforme (entre 100 et 250 € par mois sans engagement) et, d'autre part, sur une commission de 10 % perçue sur chaque commande réalisée par son intermédiaire. La cible naturelle de Packitoo est la PME de 2 à 10 M€ de chiffre d'affaires mais les grands groupes sont également identifiés comme clients potentiels.
Pour l'instant Packitoo s'appuie sur la mise de départ de ses fondateurs (40.000 €), un prêt bancaire et le soutien de la Région Nouvelle Aquitaine (Pass startup) et de Bpifrance (bourse French Tech). Mais l'avenir passera nécessairement par une levée de fonds dès le printemps 2018 :
D'autant que la décision d'internaliser les différentes compétences nécessaires au projet aboutit à un effectif très important pour une si jeune entreprise : depuis janvier, l'équipe compte ainsi, en plus des deux fondateurs, cinq salariés (quatre CDI et un contrat de professionnalisation) et trois stagiaires. "C'est un choix fort et assumé de notre part parce qu'on sent le potentiel du marché", assure le PDG.
Et le changement d'échelle passera par la R&D et, plus particulièrement, par l'introduction d'une dose de machine learning dans la plateforme de mise en relation, comme l'explique Thomas Othax :
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Et Thomas Othax ne s'interdit pas de voir plus grand puisque, si les résultats sont au rendez-vous, il envisage déjà l'ouverture de bureaux à l'international avec, potentiellement, une première étape en Espagne fin 2019 puis en Europe de l'Est en 2020.
(*) Source : chiffre clés de France Emballage 2017.
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