La mission de la Nasa Mars 2020 emportera une caméra laser conçue à Bordeaux

Pierre Cheminade

Rover Mars 2020
PC / La Tribune Bordeaux

Pierre Cheminade

Rover Mars 2020
PC / La Tribune Bordeaux
C'est un bien étrange engin qui était présenté, mardi 27 mars, dans le hall du Laboratoire d'astrophysique de Bordeaux (LAB), sur le campus de Pessac. Avec ses 3 mètres de long sur 2,8 mètres de large pour plus d'une tonne, le rover - robot vagabond - Mars 2020 est le dernier bijou technologique de la Nasa, l'agence spatiale américaine. Sa tête, qui culmine à 2,1 mètres de haut, est en réalité une caméra ultra sophistiquée qui présente la particularité d'avoir été conçue par des chercheurs français. "Cette SuperCam s'appuie sur la technologie laser que la France maîtrise très bien et avait déjà développée pour Curiosity, la précédente mission martienne de la Nasa", explique Silvestre Maurice, le responsable scientifique du projet et astronome à l'Institut de recherche en astrophysique et planétologie (Irap) de Toulouse.
La conception de la SuperCam est en effet une coproduction entre six laboratoires français situés à Paris, Versailles, Toulouse et Bordeaux, sous la direction d'un chef de projet bordelais, Philippe Caïs, ingénieur de recherche CNRS au LAB. "Ce projet met en évidence l'excellence de la collaboration scientifique et technique entre ces différents laboratoires", souligne ainsi Gaëlle Bujan, la déléguée régionale du CNRS. Plusieurs centaines de chercheurs français travaillent en collaboration avec des milliers de collègues étrangers sur ce projet qui se chiffre en milliards de dollars.
Conçu pour le compte de la Nasa par Caltech, l'Institut technologique de Californie, le rover Mars 2020 est aussi le fruit d'une collaboration internationale (Crédits : NASA/JPL-Caltech)
La plus-value du laboratoire bordelais se situe dans le pilotage des instruments. "Il y a, à Bordeaux, une compétence absolument unique dans l'intelligence du pilotage électronique et mécanique des instruments de la caméra", insiste Silvestre Maurice. "Le LAB se distingue sur la conception des cartes électroniques et du boîtier mécanique de commande dans le respect des contraintes extrêmes liées à l'environnement spatial", abonde Pascal Bordé, le directeur du LAB qui compte 73 chercheurs chercheurs, scientifiques, enseignants-chercheurs et astronomes.
"Après Curiosity qui a démontré que les conditions chimiques de la vie sont réunies sur Mars, la mission Mars 2020 devra démontrer que la vie a bien eu lieu en recherchant des traces de cette vie par la collecte d'échantillons de roches", contextualise Maurice Silvestre. C'est dans la sélection de ces échantillons que la SuperCam interviendra à l'aide d'un double laser rouge et vert, conçu par Thales. Une première, comme l'explique le directeur scientifique du projet :
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Car c'est en effet le principal objectif de Mars 2020 : sélectionner des échantillons et les préparer pour le voyage retour vers la Terre ! Après un décollage prévu en juillet/août 2020 et un périple de près de 8 mois, le robot de la Nasa arrivera sur Mars en février 2021. Il pourra alors compter sur son générateur thermo-électrique au plutonium, d'une durée de vie de 14 ans, pour arpenter la planète rouge pendant au moins 3 ans sur une distance d'au moins 20 km. A l'issue de cette exploration, il restera pour toujours sur Mars avec son coffre rempli d'échantillons de roches. Charge alors à une future mission, qui reste à inventer, d'aller chercher ces précieux échantillons pour les ramener sur Terre... si possible avant 2030. D'ici là, la priorité des équipes du LAB est de livrer la caméra à la Nasa en septembre 2018.
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