CES 2019 : le Pays basque, fer de lance du vélo innovant avec Pragma Industries et Coleen

Mikaël Lozano, à Las Vegas

Vélo VTT Pragma
La Tribune / Mikaël Lozano

Mikaël Lozano, à Las Vegas

Vélo VTT Pragma
La Tribune / Mikaël Lozano
Ce n'est rien moins qu'une première mondiale. Pragma Industries présente, lors du CES Las Vegas 2019, un VTT propulsé à l'hydrogène récompensé par un Award. La société basque, fondée il y a 14 ans, est depuis le début spécialisée dans l'hydrogène et les piles à combustible compactes. Avec ses vélos Alpha Bike, elle compte bien contribuer à la démocratisation de cette énergie en perçant sur le marché des particuliers. Depuis 2013, elle s'efforce effectivement d'intégrer sa technologie de pile à hydrogène dans un vélo électrique pour s'affranchir des batteries classiques et améliorer l'empreinte carbone globale. La production de série du premier vélo Alpha, baptisé « City rider », a débuté en 2017. Propulsé par une pile à combustible d'une durée de vie annoncée de 10 ans et de 40.000 km, il se recharge en moins d'une minute via une station dédiée, ce qui fait disparaître les temps d'immobilisation des vélos le temps de la recharge. L'autonomie, elle, grimpe à 100 km.
Le VTT présenté au CES pèse la bagatelle de 28 kilos. Mais une fois le guidon pris en main et les premiers tours de pédales effectués, aucune lourdeur n'est perceptible. Au contraire, l'engin dégage une puissance impressionnante. L'assistance fournie par l'hydrogène permet aisément de franchir les 40 km/h..
Pierre Forté insiste sur « l'aspect plus vertueux de l'hydrogène par rapport aux batteries au lithium », composée de métaux et dont le recyclage est loin d'être optimal. « Pour amener l'hydrogène au grand public, nous avons cherché à créer le produit le plus commode possible. Mais tout achat comporte une part d'irrationnel et le VTT apporte quelque chose de plus fun et sexy. »
Aujourd'hui, l'installation d'une station de recharge est nécessaire pour recharger les vélos. Mais Pragma voit plus loin et espère mettre sur le marché d'ici deux ans un système beaucoup plus pratique. Les cycles pourraient alors être rechargés grâce à une simple capsule de la taille d'une petite bouteille d'eau de 20 cl. Pour 4 à 5 euros l'unité, chacune d'elles confèrerait une autonomie de 150 km et pourrait avoir pour principal composant des déchets industriels.
Avant d'en arriver à cette étape, les vélos de Pragma ont séduit plusieurs collectivités et entreprises qui les mettent à disposition de leurs salariés ou en location touristique. Le coût de l'installation d'une borne de recharge, 10.000 euros, reste pour l'heure un frein notable. Surtout à l'heure où d'autres acteurs de la mobilité douce, Indigo Weel et ses vélos électriques, Lime et Wind avec leurs trottinettes, pour ne citer que ces exemples, sans parler des scooters électriques, investissent les cœurs de métropoles.
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Pragma Industries imagine créer une société spin-off pour proposer spécifiquement de la location de vélos.
Coleen adopte un positionnement tout autre. L'idée a germé il y a quatre ans.
En résulte un superbe engin à assistance électrique au poids très raisonnable de 18 kg dont le design est inspiré des automobiles rétro. Il réussit, ce qui n'est pas évident, à cacher la technologie qu'il embarque : ni la batterie, ni le moindre câble ne sont apparents. Antivol et clé disparaissent pour de bon, eux : il suffit que le propriétaire du vélo s'en approche pour que le cycle soit déverrouillé (par bluetooth). Comme sur les voitures récentes, l'éclairage est automatique. Une puce GPS intégrée permet de géolocaliser le vélo et de prévenir son propriétaire en cas de mouvement suspect. La batterie de 48 volts est elle aussi impossible à délocker sans le smartphone adéquat. Le système garantit une autonomie de 100 km et le moteur un rendement très fort de 94 %. D'autres fonctionnalités, comme la possibilité pour l'usager de rentrer sur son téléphone sa destination avant d'enfourcher, et ensuite de se laisser guider par l'écran du vélo, sont en cours de développement.
80 % du vélo est fabriqué en France. Coleen assume viser le marché de niche du très haut de gamme. Le prix de départ des préventes, qui ont démarré lors de ce CES, est fixé à 4.700 euros. Mais d'autres versions plus luxueuses tournent autour de 6.000 à 7.000 euros. « On est vraiment sur de l'achat plaisir. Il y a une très grosse concurrence sur ce segment qui est en train d'émerger. » La startup cible en priorité les réseaux de distribution de cycles et sent également une appétence de la part des boutiques de luxe. Elle regarde également comment elle pourrait remplacer le carbone utilisé aujourd'hui pour le vélo par un matériau recyclable. Dans l'immédiat, une première levée de fonds vient d'être bouclée et sera annoncée officiellement dans quelques semaines. Au retour du CES, la société intègrera des locaux de 200 m2 lui permettant d'internaliser la fabrication des cadres et fourches de ses vélos. D'ici fin 2019, elle espère atteindre les 10 salariés. Mais dès cet été, les premiers cycles seront livrés.
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La mobilité douce, particulièrement le vélo, fait partie des secteurs bien représentés sur le CES. Le gilet jaune gonflable de B-side, qui joue le rôle d'airbag, a fait sourire plus d'un Français... Sur la Marketplace dédiée, les casques connectés, permettant de passer des appels en main libre, de prévenir les secours en cas de chute, de signaler ses changements de direction... sont présents chez plusieurs fabricants.
Mikaël Lozano, à Las Vegas