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Innovation - La Tribune Région Sud

Helioscience veut se poser en expert des protections solaires

Maëva Gardet-Pizzo

Publié le 27 juin 2019 à 19:22 - Mis à jour le 27 juin 2019 à 19:37

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Installée à Marseille, la TPE évalue la qualité de crèmes et autres cosmétiques protégeant des rayons solaires. Avec une spécificité : le caractère in vitro de ses tests que peu d’acteurs proposent. Et elle se tourne depuis peu vers un marché porteur : les tests environnementaux.

Incontournable de l'été, la crème solaire est de plus en plus passée à la loupe. On interroge son efficacité contre l'irradiation de la peau et les cancers que cela peut provoquer. On remet en question son innocuité, surtout lorsqu'elle est appliquée sur des enfants. Et depuis quelques années, on craint son impact sur l'écosystème marin. On veut savoir ce qu'elle contient, en toute transparence.

Dans son grand espace de travail partagé au cœur de la Cité de la cosmétique dans le 15e arrondissement de Marseille, une petite équipe de quatre salariés s'affaire à répondre à ces questions. Et à sa tête, Jean-Claude Hubaud.

Il s'est lancé dans l'aventure à la fin des années 1990, dans le droit fil d'une carrière dans les cosmétiques qui l'a conduit à vendre des tests dès 1996 avant de créer la marque Helioscience qui deviendra ensuite l'entreprise qu'elle est aujourd'hui. A cette époque, on réalise des tests in vivo, sur les animaux ou sur les humains. Ce que fait Helioscience avant de choisir de changer de procédé. "Dans les années 2000, nous avons souhaité arrêter ce type de tests pour des raisons avant tout éthiques", explique le PDG de la société.  Il se tourne alors vers une méthode in vitro inventée dans les années 1990 et qui consiste à appliquer une quantité précise de crème sur une plaque en plexiglas, selon un procédé standardisé. "Il y a une corrélation entre ce qu'on obtient ainsi et ce que l'on a lors des tests sur la peau". Et surtout, la solution est bien moins gourmande de temps et d'argent. "Un test in vitro coûte 200 euros et est réalisé en une après-midi, contre 2 000 euros et un mois auparavant". Sans compter les risques liés à l'irradiation qui sont alors évités.

Peu d'acteurs au niveau mondial

Une méthode que peu d'acteurs proposent à l'échelle mondiale. Vingt, tout au plus, dont quatre en France. "Et parmi ces quatre, trois viennent de chez nous. Nous sommes les premiers à faire ça ce qui nous donne une certaine notoriété". Ainsi, l'entreprise compte parmi ses clients des PME mais aussi de grands façonniers. "En Région, nous travaillons avec des poids lourds comme Bioderma". Et en 2014, elle a fait le saut de l'international, en Europe essentiellement mais aussi aux Etats-Unis, en Turquie et en Asie. Un élargissement de son marché qui lui a permis d'accélérer sa croissance pour afficher un chiffre d'affaire d'environ 700 000 euros en 2018.

Pour poursuivre sur sa lancée, elle veille à offrir à ses clients toute la gamme de tests possibles. In vitro bien sûr - cela représente 60% de son chiffre d'affaire -, mais aussi des tests in vivo proposés en complément des premiers et obligatoires dans certains pays. "Nous proposons aussi des tests qualité pour un contrôle rapide en aval de la fabrication". Un test de plus en plus sollicité.

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A l'affût des nouvelles méthodes et tendances du marché

Il faut aussi préparer l'avenir en inventant de nouvelles méthodes. C'est pourquoi Helioscience travaille main dans la main avec la faculté de pharmacie de la Timone. "Nous faisons des tests sur des cultures de cellules pour voir si des produits sont irritants ou toxiques après irradiation au soleil". Et elle planche aussi sur un procédé permettant de remplacer les tests in vitro invasifs par des tests plus inoffensifs pour les personnes sur qui ils sont réalisés.

La TPE essaie également d'être aux premières loges lors des commissions où se décident les nouvelles normes qui encadrent ce type de produits. Car si les crèmes solaires appartiennent à la catégorie des cosmétiques, elles sont néanmoins davantage encadrées en raison de la protection avérée qu'elles offrent contre les mélanomes, un enjeu de santé publique. Une manière de se poser en expert et de gagner en visibilité autant qu'en crédibilité. Un moyen aussi d'être au fait des nouvelles demandes du marché. Un marché de plus en plus sensible à l'impact écologique des produits.

"Depuis deux ans, nous proposons des tests sur l'impact environnemental. On regarde la biodégradabilité du produit". Ces tests peuvent être réalisés sur des algues, des poissons et crustacés ou encore sur du corail. Une offre qui trouve de plus en plus de preneurs à l'heure où le marché des crèmes solaires bio se développe fortement. "Or, en cosmétique, tout ce que l'on dit, il faut le prouver". Un adage sur lequel compte bien surfer la petite entreprise aux grandes ambitions, bien déterminée à "devenir un acteur majeur des tests solaires".

Maëva Gardet-Pizzo

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