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Innovation - La Tribune Région Sud

Telaqua optimise l’irrigation et c'est (aussi) grâce à l'IA

Maëva Gardet-Pizzo

Publié le 10 juillet 2019 à 19:09 - Mis à jour le 10 juillet 2019 à 19:27

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Basée à Aix-en-Provence, cette startup installe des objets connectés sur des systèmes d’irrigation afin de les optimiser et de repérer leurs défauts. Après avoir expérimenté sa solution en France et au Chili, elle veut décoller à l’international grâce à l’utilisation de l’intelligence artificielle.

Fuites, pression trop basse, vannes qui ne se déclenchent pas... nombreux sont les aléas susceptibles d'impacter l'irrigation d'une culture et la vie de tous ceux qui en dépendent. D'autant plus lorsqu'il faut composer avec une pénurie d'eau comme cela peut être le cas dans certaines régions du monde.

Certaines technologies permettent de piloter à distance le système d'irrigation, c'est-à-dire d'ouvrir et de fermer les vannes à distance. Mais c'est une approche plus globale qu'a souhaité proposer Telaqua, fondée au printemps 2018 par Nicolas Cavailler, Nicolas Carvallo et Sébastien Demech.

En échange de l'achat de capteurs et d'un abonnement, la startup installe sur un système d'irrigation des capteurs de pression, des sondes d'humidité et autres objets connectés. Des objets qui surveillent et pilotent l'irrigation et peuvent, si besoin, envoyer une alerte à l'utilisateur lorsque la pression de l'eau est particulièrement basse par exemple. Ils permettent aussi de reconsidérer le besoin d'arrosage en fonction de l'humidité des sols. Il est ensuite possible d'étudier ces données pour évaluer la qualité du système et opérer certaines améliorations.

Une solution expérimentée au Chili et en France

Une solution éprouvée dans un premier temps au Chili dont est originaire Nicolas Carvallo, puis en France. "Nous sommes allés voir les agriculteurs et nous avons constaté qu'ils ont vraiment besoin de suivre l'irrigation, de comprendre d'où viennent les problèmes", explique Sébastien Demech. Avec le temps, au fil des rencontres, les prototypes s'améliorent et convainquent de nouveaux clients. "Nous avons installé une centaine de capteurs auprès de cinq clients. Un au Chili et quatre en France". Et les premiers résultats sont très encourageants. Ainsi, au Chili, les capteurs connectés ont permis de diviser par trois la consommation d'eau et de multiplier la productivité par dix.

Des arguments que la jeune entreprise a choisi de faire mettre en avant par son réseau de distributeurs. "Ils ont une relation forte avec le client qu'ils connaissent depuis longtemps. C'est plus facile de gagner leur confiance de cette manière". Et parmi les distributeurs convaincus : InVivo, un groupe qui gère la grande majorité des coopératives agricoles françaises.

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Viser les gros acteurs... puis les plus petits

Car la stratégie est bien de viser de grands comptes. "Ce sont eux qui influencent le marché et les petits acteurs". Des petits acteurs que Telaqua aimerait toucher dans un second temps, avec un intérêt particulier pour l'agriculture urbaine. "Elle est en pleine expansion. Nous croyons beaucoup aux agricultures plus petites, plus gérables". Et les paysans des villes ont leurs spécificités qui pourraient être une aubaine pour l'entreprise : "Contrairement aux agriculteurs en zone rurale qui vivent à côté de leur champ, ceux-ci ne sont pas forcément présents le week-end ". D'où l'intérêt de pouvoir s'y connecter à chaque instant.

Mais pour adresser ce marché, il faudra attendre de produire des séries plus conséquentes afin de rendre les prix plus accessibles. « Pour le moment, la fabrication des capteurs se fait dans un bureau d'étude à Gardanne. Mais nous réfléchissons à industrialiser pour la suite ».

Cela deviendra en effet une nécessité si l'entreprise - qui fait partie de la sélection de startups green  accélérée par Inco à Marseille - parvient à s'étendre à l'international comme elle le souhaite pour 2020. « L'irrigation est une problématique internationale. Nous visons en particulier le bassin méditerranéen - Espagne et Italie - et l'Amérique du Sud, le Pérou en particulier". Un pays plutôt stable économiquement, où les agriculteurs sont nombreux et très connectés.

Cap sur l'intelligence artificielle

D'ici là, la startup veut pousser plus encore les capacités technologiques de sa solution. "L'idée est de récupérer la donnée et de la traiter grâce à l'intelligence artificielle". Il serait alors envisageable de proposer une irrigation automatisée selon une série de variables telles que la température ou l'humidité du sol. "Cela permettrait aussi de donner des conseils personnalisés  et de faire de la maintenance prédictive pour les pompes et filtres". Ce qui pourrait ouvrir de nouveaux débouchés dans l'industrie, le domaine des piscines ou encore la distribution d'eau.

Et ce chantier est déjà bien entamé. La masse de données cumulées commence à être conséquente, les serveurs sont prêts et des discussions sont en cours avec des laboratoires de recherche et des sociétés spécialisées. Reste à réunir des fonds. Une levée est donc prévue d'ici la fin d'année. Objectif : obtenir 500 000 euros dont 40 % serviront à développer la collecte et le traitement des données ainsi que l'application qui se veut la plus ergonomique possible. L'idée étant de la rendre accessible à chacun, même sans formation ; ce qui permettra ensuite de réaliser de la vente en ligne. Le reste des fonds servira à soutenir l'effort commercial et marketing, indispensable pour la startup qui compte bien "exploser" en 2020.

Maëva Gardet-Pizzo

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