Qualité web : comment Opquast compte accélérer dans la certification

Mikaël Lozano

Elie Sloïm, dirigeant fondateur d'Opquast
Franck Paul

Mikaël Lozano

Elie Sloïm, dirigeant fondateur d'Opquast
Franck Paul
Depuis plus de vingt ans, Opquast creuse avec patience son sillon autour de la qualité des projets web. Un sujet insuffisamment abordé mais pourtant stratégique. Le postulat de son fondateur, Elie Sloïm : chaque projet web associe différents métiers qui n'ont ni la même culture, ni le même socle de compétences. Pire, ils ne parlent souvent pas la même langue, chacun étant expert de son sujet mais assez ignorant de ce qui gravite autour. Or, la non-qualité web a un coût énorme lui aussi sous-estimé, alors que le sujet est jugé comme stratégique dans l'industrie par exemple où les référents qualité sont légion...
Opquast postule qu'un projet aura plus de chance de voir le jour si tous les spécialistes qui s'y impliquent maîtrisent un minimum les problématiques de leur voisin. Après avoir développé une activité d'audit de sites qu'elle a depuis revendue, la société girondine s'est focalisée sur les connaissances fondamentales transverses nécessaires dans les projets web, en créant une certification sur le modèle du fameux TOEIC pour l'anglais. Certification qui garantit que non seulement ceux qui la détiennent maîtrisent le socle de compétences nécessaires, mais sont aussi conscients de ce qui se passe de l'autre côté de l'écran :
Depuis la revente de ses activités d'audit, Opquast est restée fidèle à sa volonté de cibler le champ des compétences pour toucher toutes les strates d'un projet web via la formation et la certification. Après avoir grandi pas à pas, la société basée à Cenon voit son marché s'ouvrir et vient de boucler, pour accélérer, une levée de fonds de 500.000 euros. Cet intérêt pour la qualité web repose sur plusieurs facteurs :
La société totalise à ce jour près de 8.000 personnes formées et certifiées grâce à ses outils. Son modèle repose sur la production de contenus, la formation en ligne et une plateforme web en mode SaaS. Les entités (entreprises, collectivités...) peuvent s'y abonner pour faire passer simplement la certification à leurs effectifs ou à leurs futurs recrutés. Les demandeurs d'emploi peuvent également réaliser la démarche eux-mêmes. "Nous ne formons et certifions que les individus, précise Elie Sloïm. Près de 200 partenaires sont abonnés à la plateforme : établissements d'enseignement supérieur, agences Web et prestataires informatiques, annonceurs..."
Cette activité a amené Opquast à l'équilibre... et le développement du marché l'a poussé à lever des fonds. Une opération assez rare dans l'univers des PME installées mais réalisée au bon moment : marché existant, perspectives de croissance fortes et situation financière saine de l'entreprise. On est donc dans le cadre de la « bonne levée », celle qui doit permettre de faire passer un palier alors que les fondamentaux sont déjà solides. L'opération a été accompagnée par Arnaud Cochin d'Adenia Conseil auprès d'investisseurs restant discrets, ainsi que le fonds régional Naco lancé par le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine.
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En 2020 sortira également une nouvelle version du référentiel d'Opquast. Ce dernier a vocation à durer plusieurs paires d'années, car comme le précédent, il ne fait pas référence à des technologies en particulier. En revanche, il insiste sur l' « infinité de contextes » du web. Le but est « de rendre visible ce qui se passe de l'autre côté de l'écran » et de rappeler que le fameux « utilisateur moyen » est potentiellement une personne âgée peu familière avec les terminaux mobiles, une personne malvoyante, ou encore ne bénéficiant pas d'une connexion optimale.
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