"Trop de professionnels du web travaillent comme des amateurs"

Mikaël Lozano

Elie Sloïm, fondateur d'Opquast
Franck Paul

Mikaël Lozano

Elie Sloïm, fondateur d'Opquast
Franck Paul
"Moyen en tout depuis 20 ans." Pas sûr que le slogan/blague d'Elie Sloïm pour décrire son approche professionnelle fonctionne vraiment sur une carte de visite. Le fondateur de la société Opquast en sourit avant de se corriger : "Disons plutôt : un peu bon en tout." Il reste que la vanne a du sens. Elie Sloïm, expert de la qualité du web, défend un angle résolument transversal, peut-être hérité de son grand-père médecin généraliste. Son postulat : chaque projet web associe différents métiers qui n'ont ni la même culture, ni le même socle de compétences. Pire, ils ne parlent souvent pas la même langue, chacun étant expert de son sujet mais assez ignorant de ce qui gravite autour.
Opquast a donc bâti un modèle VPTCS (visibilité, perception, technique, contenus et services) qui formalise les exigences minimales que devrait maîtriser tout professionnel du web, quel qu'il soit. Rien de très poussé, juste des bases diversifiées pour être "suffisamment bon en tout", donc, formalisées par une formation certifiante reconnue par l'Inventaire national, éligible au compte personnel de formation et s'adressant à tous les professionnels du web travaillant chez les prestataires comme chez les annonceurs. Le candidat a trois mois pour préparer son examen sur la plateforme en ligne d'Opquast. La certification est désormais déployée dans 70 établissements d'enseignement supérieur. Une trentaine d'agences et prestataires informatiques ainsi que des annonceurs y ont également recours.
Auteur du livre "Qualité web : la référence des professionnels du web" aux éditions Eyrolles, Elie Sloïm soulève un sujet important :
La certification d'Opquast est donc un moyen de dégager une culture commune, de construire un socle qui met en évidence les rôles et problématiques de chacun, en étant toujours tourné vers les attentes de l'utilisateur final :
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Pas question pour Opquast de blâmer qui que ce soit, d'autant que la technicité des projets web se complexifie avec le temps, nécessitant des expertises très pointues. Il reste que les lignes bougent progressivement. "Les agences web ont suivi sur le sujet assez tôt, les entreprises de services du numérique (le nouveau nom des SSII, NDLR) s'y mettent depuis 3 ou 4 ans", confirme Elie Sloïm. Le dirigeant d'Opquast pointe aussi qu'au-delà des technologies employées, la réussite passe avant tout "par le contenu et les services. C'est ce qui déclenche la visite d'un utilisateur. Les acheteurs de sites doivent arrêter de se défausser de cette question des contenus et des services auprès de leurs prestataires. Lorsque l'on achète un site web, c'est une armoire vide qu'il appartient à l'entreprise de remplir. Mais les choses progressent et les entreprises commencent à prendre en main ce sujet, notamment à travers les chantiers de transformation digitale et les approches UX [expérience utilisateur]."
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