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Innovation - La Tribune Région Sud

Où en est Jellyfishbot, le robot collecteur de déchets flottants de IADYS ?

Gaëlle Cloarec

Publié le 24 février 2020 à 20:27 - Mis à jour le 25 février 2020 à 09:29

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A l’origine d’un petit robot collecteur de déchets flottants et d’hydrocarbures pour les zones portuaires et les plans d’eau, la jeune pousse basée à Roquefort-la-Bédoule, près d’Aubagne, signe un début prometteur, à France et à l’international, que devrait conforter une prochaine levée de fonds. Celle-ci vise à soutenir son développement à l’export et ses efforts de R&D qui tendent à rendre l’engin de plus en plus autonome.

Expérimenté dans les ports de Cannes, Cassis et Mayotte en 2018, Jellyfishbot passe à la vitesse supérieure et commence à se déployer, en France comme à l'étranger. L'an passé, une quinzaine de ces petits robots radiocommandés imaginés par la start-up provençale Iadys ont ainsi été vendus afin de collecter les déchets flottants et hydrocarbures dans des plans d'eau et zones portuaires en Méditerranée, sur la côte Atlantique, en région parisienne ainsi qu'en Suisse, en Norvège, au Japon et à Singapour. Une première incursion à l'international que la jeune pousse créée en 2016 entend conforter et accélérer en 2020 au moyen d'une levée de fonds, actuellement en cours de négociation. "Nous visons une enveloppe globale de 1,5 M€ pour soutenir notre développement et notre visibilité à l'export, accompagner et étoffer notre réseau de distributeurs et engager les processus de certification", confirme Nicolas Carlesi, son dirigeant fondateur. Dans le viseur : le pourtour méditerranéen, l'Europe Scandinave, l'Asie, l'Océanie et le Moyen-Orient, des marchés jugés à "haut potentiel" et pour lesquels "la problématique est importante, notamment dans les zones touristiques où l'enjeu est aussi économique".

Trois marchés visés

Cette offensive, Iadys la déploie sur le marché maritime et fluvial, son marché prioritaire pour lequel Jellyfishbot a été pensé. Petit, léger, facilement manipulable, l'engin intervient en effet là où se concentrent les déchets avant qu'ils ne se dispersent en mer, en l'occurrence dans les recoins, entre les bateaux. Toutefois, "il y a une vraie demande de la part du marché industriel, notamment pour les sites pétrochimiques ou ceux disposant de bassins de rétention", précise le dirigeant. Sans oublier le secteur touristique et résidentiel, certes "plus fragmenté, mais très important en volume". D'où le récent développement d'options et d'accessoires (téléopération à distance, protections renforcées, système de levage multiple, gyrophare, avertisseur sonore...) afin d'adapter le robot collecteur aux besoins spécifiques de chaque segment visé.

Quant aux filets, certains sont désormais réutilisables, d'autres conçus à partir de filets de pêche en fin de vie. "Tout une gamme a été développée pour permettre de récolter les déchets de très petite taille, à partir de 180 microns, jusqu'au centimètre" : des petits films plastiques type emballages alimentaires essentiellement, mais aussi des bouteilles et beaucoup de mégots de cigarette. Lesquels peuvent être triés et, pour le plastique, recyclés. "C'est ce que nous encourageons en mettant nos clients en relation avec l'association Recyclons qui valorise les déchets en objets du quotidien", explique le dirigeant.

Vers un robot autonome

Fabriqué en France, assemblé au sein de son atelier basé à Roquefort-la-Bédoule, près d'Aubagne, Jellyfishbot cherche par ailleurs à gagner en autonomie. C'est ce vers quoi tend la nouvelle version du robot, actuellement en test dans le port de Cassis et dont la commercialisation est programmée pour le second semestre de l'année. "L'idée est qu'il nettoie une zone donnée sans avoir à mobiliser un opérateur comme c'est le cas aujourd'hui". Une première étape qui en préfigure d'autres. "Il s'agira ensuite de développer la détection de déchets, puis la collaboration entre robots afin qu'ils puissent naviguer dans une zone élargie de manière tout à fait autonome". Des briques qui serviront, à terme, à d'autres applications, notamment terrestres, comme "l'automatisation des processus de nettoyage dans les gares, les aéroports, les places publiques..."

En attendant, l'entreprise qui emploie 7 personnes souhaite muscler son effectif d'ingénieurs R&D, de commerciaux, de techniciens et d'un responsable de production. Laquelle doit monter en puissance. "Nous sommes capables de produire 4 à 5 engins par mois, l'idée est de gagner en efficacité en industrialisant le processus de fabrication". Iadys s'est fixé comme objectif d'écouler une trentaine d'exemplaires cette année pour un chiffre d'affaires de 500 000 euros, contre 200 000 euros réalisés en 2019.

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Gaëlle Cloarec

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